Alexandre SOKOUROV
Александр СОКУРОВ
Alexandre SOKUROV
URSS, 1988, 133mn 
Couleur, fiction
Les Jours de l'éclipse
▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Дни затмения

 

 The Days of Eclipse

 Dni zatmenia

 
Réalisation : Alexandre SOKOUROV ( Александр СОКУРОВ)
Scénario : Youri ARABOV (Юрий АРАБОВ), Boris STROUGATSKI (Борис СТРУГАЦКИЙ), Arkadi STROUGATSKI (Аркадий СТРУГАЦКИЙ)
D'aprèsla nouvelle des frères Strougatski Un milliard d'années avant la fin du monde (За миллиард лет до конца света)
 
Interprétation
Alekseï ANANICHNOV (Алексей АНАНИШНОВ)
Kirill DOUDKINE (Кирилл ДУДКИН)
Eskender OUMAROV (Эскендер УМАРОВ)
Irina SOKOLOVA (Ирина СОКОЛОВА)
Alekseï YANKOVSKI (Алексей ЯНКОВСКИЙ)
Vladimir ZAMANSKI (Владимир ЗАМАНСКИЙ)
 
Images : Sergueï YOURIZDITSKI (Сергей ЮРИЗДИЦКИЙ)
Décors : Elena AMCHINSKAIA (Елена АМШИНСКАЯ)
Musique : Youri KHANINE (Юрий ХАНИН)
Ingénieur du son : Vladimir PERSOV (Владимир ПЕРСОВ)
Montage : Leda SEMENOVA (Ледa СЕМЕНОВА)
Production : Lenfilm
 
format : 35 mm
Sites : Page Allociné, page IMDb
Date de sortie en France : 1992-11-25, Site

Prix et récompenses :
Prix Felix de l'Académie européenne pour la musique, 1988
Prix de la meilleure image, Union des cinéastes de l'URSS, 1988

Synopsis
Un village perdu au fond du désert asiatique . Dima, un jeune médecin a quitté sa ville natale, rompu avec son passé, pour s’installer là. Il vit seul, dans la précarité matérielle : il soigne les bébés et tente d’initier les mères à des principes élémentaires d’hygiène. Mais désabusé, il fait son travail avec une certaine désinvolture : il consacre son temps à écrire, sur une vieille machine, une étude sur les enfants hypertoniques, constamment interrompu par la sonnerie du téléphone…Des personnages passent dans sa vie : un vieil ami son patient, fonctionnaire en retraite, son ami Sacha, déraciné lui aussi, fils adoptif de parents allemands, mais originaire de ce village du désert où il a installé un bel appartement. Il s’étonne de la vocation de Dima qui n’a ni passé ni avenir en cet endroit. La sœur de ce dernier apparaît soudain et disparaît de même. C’est alors qu’a lieu l’éclipse, et que Dima découvre un enfant réfugié devant sa porte, qui lui demande de le recueillir : Dima le lave, le nourrit, l’héberge. L’enfant-prophète disparaît à son tour, à peine apparu, mystérieusement enlevé par un « père » venu le réclamer et à qui il échappe : il s’envole. Le vieux patient se suicide : il parle à Dima à la morgue. Le jeune homme s’enfuit chez Sacha. Après un long entretien dans lequel apparaît un vieux professeur d’histoire, détenteur de la mémoire de ce pays, Sacha décide de partir : douloureuse séparation. Dima reste seul.
 

Commentaires et bibliographie
« Journées d’éclipse » (Dni zatmeniya) de Alexandre Sokourov (1988), Art et «poïèsis», 2011
Le jour de l’éclipse (Дни Затмения )_ Alexandre Sokourov – 1988, Le Rectangle sonore, 2010
 
Youri Arabov a écrit le scénario du film, inspiré du roman des frères Strougaski Un milliard d’années avant la fin du monde. Cependant il ne s’agit pas d’un film de science-fiction, mais d’une fresque mythique et mystique. Les paysages désertiques et majestueux d’Asie centrale évoquent les origines du monde, et les résidus du progrès industriel en font une immense décharge. Les enfants y mangent des épingles qui ne les tuent pas (est-ce une auto-immunisation contre la pollution moderne ?), la chaleur engendre d’étranges crises de désespoir, mais aussi assure une mystérieuse entente entre les êtres et les reptiles : le médecin ressemble au crocodile avec qui il parle, et vit près d’un python qui s’échappe de sa cage (on pense ici aux attractions d’Eisenstein, dont Sokourov se réclame). Dima d’ailleurs est une sorte de premier homme, d’Adam à l’énergie féline, qui bondit avec la souplesse d’un jeune fauve, mais aussi de dernier survivant d’un monde en ruines : il est parfois prostré à terre comme un vaincu. La métaphore du cercle est récurrente . Sacha, affirme qu’aucune séparation n’est définitive puisque la terre est ronde. Le cadavre de la morgue dit à Dima : « A chacun est dévolu un cercle dont on ne peut sortir : si vous tentez d’en sortir par la raison, quelles forces réveillez-vous contre vous ? » Les splendides images sur-naturelles en couleurs ou monochromes, la lenteur des plans ou le montage heurté créent une atmosphère hallucinatoire . Le travail d’écrivain de Dima, œuvre scientifique qui a pour objet l’enfance, jamais achevée, brûlée par son auteur, et toujours recommencée, est le gage de cette foi sans illusions de l’homme en la vie.

Sélections dans les festivals :
- Festival du film russe à Paris, Paris (France), 2020
- Rétrospective Alexandre Sokourov Aix en Provence / Marseille, Aix en Provence (France), 2015
- Festival du film d'Europe Centrale et Orientale , Wiesbaden (Allemagne), 2012
- Cycle Alexandre Sokourov au cinéma Grand Action, Paris (France), 2012
- Alexandre Sokourov : des pages cachées, Paris (France), 2010
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2008
- Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2008
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2007
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2002
- Festival international du film de La Rochelle, La Rochelle (France), 1993
- Sortie en France en salle du film :, Différentes villes (France), 1992-11-25
- Festival international du film de Berlin : Berlinale, Berlin (Allemagne), 1989
- Prix "NIKA", Moscou (Russie), 1988