Semion ARANOVITCH
Семён АРАНОВИЧ
Semyon ARANOVICH
Alexandre SOKOUROV
Александр СОКУРОВ
Alexandre SOKUROV
URSS, 1981, 80mn 
Noir et blanc, documentaire
Sonate pour Alto. Dimitri Chostakovitch
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Альтовая соната. Дмитрий Шостакович

 

 Altova sonata. Dmitri Shostakovich

 Altova sonata. Dmitri Shostakovich

 
Réalisation : Semion ARANOVITCH (Семён АРАНОВИЧ), Alexandre SOKOUROV ( Александр СОКУРОВ)
Scénario : Boris DOBRODEEV (Борис ДОБРОДЕЕВ)
Images : Youri ALEXANDROV (Юрий АЛЕКСАНДРОВ), Youri LEBEDEV (Юрий ЛЕБЕДЕВ)
Ingénieur du son : E. BELIAEVA (Е. БЕЛЯЕВА)
Production : LSDF
Date de sortie en Russie : 1986
 
Site : sokurov.spb.ru/island_ru/documetaries/al'tovaya_sonata/mnp_alt.html

DVD avec sous-titres
Editeur : Ideale Audience

Synopsis
Ce film sur le grand compositeur Dmitri Chostakovitch fut commencé par le cinéaste de Leningrad Semion Aranovitch. Sokourov fut invité à participer au montage des documents d'archives du film. Mais son intervention fut déterminante : il créa la composition de l'oeuvre et en détermina l'atmosphère. La sélection et le montage des documents d'archives fournissent au film un contexte historique plus large que le simple portrait biographique initialement prévu. Sokourov composa en effet un requiem pour l'artiste, dont le travail s'était heurté à l'idéologie officielle. Ce film porte sur le triomphe d'un art puissant mais aussi sur la défaite d'un homme amoindri, pour qui son incroyable don devint une charge insupportable. Le parcours de Chostakovitch traverse les moments cruciaux de la vie sociale de la Russie soviétique et invite le réalisateur à réfléchir à la tragique prédestination de l'artiste, toujours seul, mais inséparable de son époque et de son pays.
 

Commentaires et bibliographie
 
Ce portrait de Chostakovitch, réalisé en 1981, a été immédiatement censuré et interdit jusqu'en 1986, date à laquelle il fut montré au grand public grâce à la «Perestroïka» de Gorbatchev. Il fut amorcé à l'origine par le réalisateur de Saint-Pétersbourg Semion Aranovitch. Sokourov, d'abord invité à participer au montage du film, le compléta et en définit la composition et le climat émotionnel. Il signe un requiem tragique de la destinée du compositeur et pianiste de l'ère soviétique Dmitri Chostakovitch (1906-1975), indissociable de son époque et de sa mère-patrie, dont l'œuvre s'est développée en s'opposant inévitablement à l'idéologie au pouvoir. La vie de cet artiste complexe est retracée grâce à des documents personnels, des séquences où il apparaît en public et des prestations de ses œuvres, ainsi qu'à des archives historiques de l'existence quotidienne en Union soviétique. Rien n’est reconstitué. Après des débuts salués par la critique, Chostakovitch connut la disgrâce politique et publique sous Staline, puis fut réhabilité en 1958 et consacré dans l'Union soviétique contemporaine.

Le film commence et finit par l’audition d’extraits de la Sonate pour alto et piano op. 174, ultime œuvre du compositeur. Le reste est une sorte de flash-back, qui alterne des images de Chostakovitch sur ses derniers jours et quelques moments décisifs de sa vie. On découvre ainsi le jeune compositeur engagé dans la nouvelle Union Soviétique, déclarant que son opéra le Nez malgré son langage moderne s’adresse au peuple. Puis on voit la déchéance progressive, les premiers échecs (avec le ballet l’Age d’or), les critiques acerbes de « formalisme » et de « naturalisme » sur les Symphonies n°7, 8 et 9, son éviction du Conservatoire de Leningrad, rattrapée heureusement par un poste à celui de Moscou, dirigé par Vissarion Chebaline, son ami de toujours. Chostakovitch apparaît tel qu’on se l’imagine dans notre monde occidental : petit, renfermé sur lui-même, l’air effrayé derrière ses grandes lunettes. Mais après la mort de Staline et l’embryon de renouveau qu’avait apporté Nikita Khroutchev c’est un autre Chostakovitch que le téléspectateur découvre : jovial, souriant, avec de l’embonpoint, et surtout couvert d’honneurs : Prix Lenine, diffusion de sa musique à travers le monde (le Finale de la Symphonie n°5 est montré dirigé par Mravinski puis Bernstein dans deux versions radicalement différentes). Enfin le compositeur est montré vieillissant – des images aussi peu connues sous nos latitudes - voûté, malade et une fois de plus rongé par l’anxiété due à la chape de plomb de Brejnev.

Sélections dans les festivals :
- Message to Man : Festival international du documentaire, court-métrage et film d'animation, Saint-Pétersbourg (Russie), 2017
- Rétrospective Alexandre Sokourov Aix en Provence / Marseille, Aix en Provence (France), 2015
- Festival international du film de Tromso : TIFF, Tromso (Norvège), 2011
- Lenine, Staline et la musique à la Cité de la musique, Paris (France), 2010
- Alexandre Sokourov : des pages cachées, Paris (France), 2010