Kira MOURATOVA
Кира МУРАТОВА
Kira MURATOVA
Ukraine, 2009, long métrage 
Couleur, fiction
Mélodie pour orgue de barbarie
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Мелодия для шарманки

 

 Melody for the Barrel Organ

 Melodiya dlya sharmanki

 
Réalisation : Kira MOURATOVA (Кира МУРАТОВА)
Scénario : Kira MOURATOVA (Кира МУРАТОВА), Vladimir ZOUEV (Владимир ЗУЕВ)
 
Interprétation
Natalia BOUZKO (Наталья БУЗЬКО)
Jean DANIEL (Жан ДАНИЭЛЬ)
Gueorgui DELIEV (Георгий ДЕЛИЕВ)
Renata LITVINOVA (Рената ЛИТВИНОВА)
Nina ROUSLANOVA (Нина РУСЛАНОВА)
Oleg TABAKOV (Олег ТАБАКОВ)
 
Images : Vladimir PANKOV (Владимир ПАНКОВ)
Décors : Evgueni GOLOUBENKO (Евгений ГОЛУБЕНКО)
Musique : Valentin SILVERSTROV (Валентин СИЛЬВЕСТРОВ)
Produit par : Oleg KOKHAN (Олег КОХАН)
 

Prix et récompenses :
Meilleur second rôle féminin Renata LITVINOVA , Prix de la Guilde des historiens et critiques de cinéma, Moscou (Russie), 2010
Grand prix Festival du cinéma de la CEI, Estonie, Lettonie et Lituanie "Kinoshock", Anapa (Russie), 2009

Synopsis
Après la mort de leur mère, le garçon et sa demi-sœur n'ont d'autre choix que d'aller retrouver leur père respectif dans la grande ville. Par la route, ils rencontrent une multitude de gens différents : des bons et des méchants, des pauvres et des riches, des intelligents et des sots. Mais personne ne s'intéresse à eux, chacun a ses propres problèmes. Et encore plus à la vieille de Noël! Et la froide nuit magique ne se terminera pas comme dans les contes...
 

Commentaires et bibliographie
Kira Muratova : Melody for a Barrel Organ (Melodiia dlia sharmanki, 2009), Nancy CONDEE, kinokultura.com, 2009
 
Ce long-métrage est le dernier en date de Kira Mouratova, une cinéaste soviétique puis postsoviétique, aujourd’hui classée par Andrei Plakhov, l’un des critiques russes les plus en vue, comme l’une des « grands classiques vivants ». Réputée pour être une cinéaste marginale, Mouratova parvient à étonner et déranger avec chaque nouveau film. « Je ne représente aucune école, je n’en crée aucune et je n’en ai créée aucune, clame-t-elle. Tu es ce que tu es. Par exemple, je dis : je dois plaire en premier lieu à moi-même, et ensuite il me serait agréable de plaire aussi à l’humanité. Mais même si je ne le disais pas, je ne pourrais rien faire d’autre. Je peux dire : celui-ci, il fait des films pour l’argent, mais même pour l’argent, il fait aussi comme il sait, autrement dit, comme il aime, ce qu’il aime, ce qui lui plait. De toute façon, les gens font ce qu’ils peuvent, ce qui leur est caractéristique. » Mélodie pour orgue de Barbarie, qui raconte l’histoire de deux orphelins à la recherche de leurs pères respectifs, n’échappe pas à la règle et se présente comme un film surprenant. Il semble prendre la suite de films-contes mouratoviens tels que Le Milicien amoureux (1992) où l’intrigue démarrait lorsqu’un milicien trouvait un bébé dans un chou. Il apparaît, en effet, de prime abord comme un conte de Noël, car il est émaillé de références aux grands classiques littéraires du genre tels que Le Petit garçon à l’arbre de Noël du Christ de Dostoïevski ou encore La Petite fille aux allumettes d’Andersen. L’imagerie de Noël parsème le film sous forme de sapins synthétiques aux couleurs criardes, qui surgissent dans la gare, le supermarché, le casino et les rues de la ville et qui sont vendus dans le train, ou encore sous forme de cartes postales et de chants de Noël. Mais cette imagerie est détournée ou inversée. Le conte de Noël se révèle être un anti-conte non seulement dans sa narration, mais également et surtout dans son refus de l’empathie et du miracle divin. La société que le parcours des enfants permet au spectateur de découvrir est une société éclatée, où se côtoient des personnages isolés et incapables de communiquer. Plus encore, des espaces entiers de cette société autiste semblent dédiés aux pratiques solitaires et soliloquantes. C’est le cas pour le supermarché, où l’action du film vient s’échouer. Si le film se refuse à être un simple conte, il ne se satisfait pas non plus de refléter l’état du monde contemporain. À travers quelques éléments, nous sentons sourdre dans la structure du film une temporalité mythologique.
Eugénie Zvonkine

Sélections dans les festivals :
- Festival international du film de Rotterdam, Rotterdam (Pays-Bas), 2013
- Festival de films ''L'Europe autour de l'Europe'', Paris (France), 2012
- Festival du cinéma de la CEI, Estonie, Lettonie et Lituanie "Kinoshock", Anapa (Russie), 2011
- Festival International du Film d'Odessa, Odessa (Ukraine), 2011
- Festival international de films de femmes de Créteil, Créteil (France), 2010
- International Film Festival, Tbilissi (Géorgie), 2010
- Festival international du film «2-in-1», Moscou (Russie), 2010
- Prix de la Guilde des historiens et critiques de cinéma, Moscou (Russie), 2010
- Festival international du film de Belgrade, Belgrade (Serbie), 2010
- Russian film symposium. Université de Pittsburgh, Pittsburgh (USA), 2010
- Festival international du film de Tbilissi, Tbilissi (Géorgie), 2009
- Festival du film russe à Londres, Londres (Royaume Uni), 2009
- Festival du cinéma de la CEI, Estonie, Lettonie et Lituanie "Kinoshock", Anapa (Russie), 2009
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2009
- Semaine de cinéma russe à New York, New York (USA), 2009

Images et vidéos