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L'Arche russe d'Alexandre Sokourov


Documentaire et film de fiction fantastique


Jacques Simon, Kinoglaz.fr, 2012





On sait que Sokourov, depuis qu’il filme, donc depuis la fin des années soixante-dix, tourne à la fois des documentaires et des films de fiction. Pour lui la frontière entre ces deux genres du cinéma n’est pas claire : « cette frontière passe sans doute quelque part à l’intérieur de moi. Mais je comprends, bien sûr, qu’en fin de compte la recherche d’un résultat autre que l’effet direct immédiat, peut entraîner qu’un film joué n’en est plus un au sens strict, tandis que les héros des documentaires peuvent devenir des personnages d’une narration. » [Citation du film Sokourov. Questions de cinéma d’Anne Imbert (2009).]
De l’Arche russe précisément, on peut dire qu’il est à la fois documentaire et film de fiction. Il s’agit d’une visite du musée de l’Ermitage et du Palais d’hiver où ont vécu tous les tsars depuis Pierre le Grand. En ce sens, c’est un documentaire.
Ce documentaire est aussi un film de fiction : la rencontre de deux visiteurs du musée de l’Ermitage. L’un, russe et invisible pour le spectateur, n’est qu’une voix (en fait celle de Sokourov lui-même) qui suit la caméra. J’oserai l’appeler l’homme-caméra. Le deuxième visiteur est un étranger vêtu de noir, appelé l’Européen et que plus tard on pourra identifier comme étant le marquis de Custine, et interprété par Sergueï Dreiden, acteur célèbre, vivant, comme le réalisateur lui-même, à Saint-Pétersbourg. La visite du musée et du palais d’hiver est une visite imaginaire dans l’espace et le temps. Le documentaire est donc aussi un film de fiction fantastique.
 
 


La rencontre entre un Européen catholique et un Russe orthodoxe

C’est la conversation entre ces deux visiteurs, l’Européen catholique et le Russe orthodoxe, ou leurs réflexions à voix haute, qui vont servir de guides au spectateur. Guides dans l’espace : en visitant le musée, on s’attardera sur de nombreuses œuvres d’art. Guides dans le temps : nous irons périodiquement à la rencontre des illustres habitants de ces lieux. En quelques images, le plus souvent très éloignées de celles des livres d’histoire, le réalisateur trace à grands traits les trois derniers siècles de l’histoire de la Russie. On verra d’abord Pierre le Grand, fondateur de Saint-Pétersbourg et initiateur infatigable mais brutal du rapprochement avec l’Europe. On verra Catherine II, dite Catherine la Grande, amateur d’art et fondatrice du musée, une première fois regardant un spectacle qu’elle a elle-même créé, une seconde fois entourée de ses petits-enfants. Puis Nicolas I, recevant une délégation perse et accordant son pardon pour un acte criminel commis contre la Russie. La scène se passe en 1829, après l’assassinat de Griboïedov à l’ambassade de Russie en Perse. Diplomate et écrivain, comme Custine, compositeur de surcroît, Griboïedov a laissé à la postérité l’une des comédies les plus prisées par les Russes jusqu’à aujourd’hui, Du malheur d’avoir trop d’esprit, une pièce au titre prémonitoire, écho, comme la première scène avec Catherine II, aux propos de l’homme-caméra disant que, depuis Pierre le Grand, les Russes savent se distraire. On verra enfin Nicolas II, entouré de sa famille, peu avant son arrestation et la disparition de l’Empire.
Les époques soviétique et contemporaine sont également caractérisées de façon très brève comme on le verra ci-dessous.
Un film, Sokourov aime le dire, est d’abord une œuvre d’art. Et une œuvre d’art, avant de s’adresser à notre intelligence, c’est à notre sensibilité, à nos sentiments comme le dit l’Européen, à notre cœur, à notre âme diraient les Russes qu’elle s’adresse. « L’image, dit Sokourov, n’est pas analysable, elle ne peut pas être comprise, on peut la sentir, seulement la sentir. » , ou encore dit-il « j’essaie, dans les limites du possible [ … ], de transmettre l’atmosphère de l’action et non pas l’action, l’émotion de l’action et non pas l’action elle-même. » [Citation du film Sokourov. Questions de cinéma d’Anne Imbert (2009).]
Peu importe donc que la chronologie historique ne soit pas toujours respectée, que les mêmes personnages, nos guides, nous accompagnent pendant presque 300 ans.
 





L’art, la vie et l’histoire

Pour Sokourov, la vie et l’art sont inséparables et c’est au musée de l’Ermitage que l’histoire scelle cette union sacrée. Le musée est né de l’amour de Catherine II pour les arts : elle a acheté deux cents toiles de maîtres qu’elle a exposées dans le palais et qui restent encore aujourd’hui parmi les peintures les plus célèbres du musée. Les rapports entre l’homme et l’art, suggère Sokourov, sont complexes et multiples, ils mobilisent notre sensibilité et tous nos sens. Ainsi la musique russe donne des démangeaisons à l’Européen qui par ailleurs relève l’odeur des peintures. La beauté du palais et des œuvres d’art lui donne parfois des ailes. L’art imprègne la vie de cette aveugle, fidèle du musée, qui connaît par cœur chaque détail des œuvres, ou encore celle de cette danseuse qui vient parler à une peinture avec laquelle elle partage un secret. On peut, contrairement à ce qu’exprime l’Européen, apprécier une peinture sans en connaître l’histoire sous-jacente. Ainsi ce jeune homme, en admiration devant Saint Pierre et Saint Paul de Véronèse, ne connaît pas l’Histoire Sainte mais est touché par la grâce et la bonté des deux personnages dont il rêve qu’ils inspirent l’Homme de demain. La façon même de filmer les tableaux participe à cette harmonie de l’art et de la vie. Ici, on détaille la présence d’animaux familiers chargés de symboles, là on s’attarde sur des personnages du peuple dits « éternels », et Sokourov n’hésite pas à superposer tableaux et visiteurs comme si ces derniers étaient intégrés aux tableaux.
Pour mieux nous convaincre de la primauté des sentiments, plusieurs fois le réalisateur nous explique une scène après qu’on l’a vue et en quelque sorte vécue. Ce n’est qu’après la scène de la punition physique qu’on sait qu’il s’agissait de Pierre le Grand. En visitant une salle jonchée de cadres vides et de cercueils, on pressent une catastrophe, mais ce n’est que ressortis de la salle, que le Russe aurait voulu cacher à l’Européen, qu’on apprend qu’elle évoque le siège de Leningrad et le million de morts qui l’a accompagné. Le procédé privilégie et renforce la représentation que l’on veut donner de l’arbitraire et de la cruauté d’un tyran dans le premier cas, des effets désastreux des guerres sur les personnes et sur l’art dans le second, indépendamment du contexte historique. Ainsi Sokourov transmet « l’atmosphère de l’action et non pas l’action, l’émotion de l’action et non pas l’action elle-même ».
 




 
Custine et la Russie

Le réalisateur use de la même méthode de l’explication tardive à propos du mystérieux visiteur européen. Un Russe, qui ne sait pas où il est et a visiblement oublié son passé récent, rencontre, par hasard, un Européen qui, lui aussi amnésique, ne sait pas pourquoi il est au Palais d’Hiver. Ils vont parler de ce qu’ils voient et de ce qu’ils savent sans que leur histoire personnelle n’intervienne. L’Européen est d’abord méfiant et voudrait fuir le contact. Il critique, parfois sévèrement, les Russes, mais est désireux de mieux les comprendre. Le Russe, l’homme-caméra, recherche le dialogue, veut montrer et expliquer ce qu’est la Russie et ce que sont les Russes. Les deux hommes se parlent avec franchise, non sans humour, leurs points de vue se rapprochent quelque peu, l’Européen finit par admettre la beauté du musée et du palais et reconnaît les mérites de l’architecte russe Stassov, auteur de la reconstruction après l’incendie de 1837.

Progressivement on comprend que l’Européen n’est pas un inconnu, on l’appelle Monsieur le Marquis, il admet plus tard qu’il est déjà venu à Saint-Pétersbourg peu après l’incendie, puis qu’il est écrivain sans reconnaître qu’il est l’auteur du livre qu’on veut lui faire autographier. Ce refus de reconnaissance peut-être lié à la présence sur ses talons pendant toute la durée du film d’un espion habillé en noir qu’on voit dès les premières images du film . Ce n’est qu’à la fin, qu’un inconnu prononce son nom : Custine. Cette visite faussement « incognito », n’est pas sans rappeler celle, également faussement incognito qu’a effectuée Pierre le Grand en Europe en 1697, sous le nom de Pierre Mikhaïlov.

On sait que le marquis de Custine, dont le père avait été guillotiné en 1794, écrivain et diplomate, a visité à titre personnel la Russie en 1839. Le réalisateur fait malicieusement remarquer au début du film qu’à l’époque Custine ne parlait pas russe. Il a écrit un livre « La Russie en 1839 » très critique sur le régime impérial russe. Ce livre a eu un très grand succès en France, mais a été interdit en Russie. Dans la Russie des tsars, comme dans la Russie soviétique, quand un livre était interdit, il était aussitôt recopié à la main et circulait sous le manteau. Custine était donc connu de l’intelligentsia russe depuis la parution de son livre. Rien d’étonnant donc qu’on l’ait reconnu et même qu’on ait pu avoir un exemplaire de son livre interdit. Reconnaître en être l’auteur, eût été prendre le risque d’être signalé, voire arrêté par l’espion qu'on rencontre dans toutes les pièces que visite Custine.[L'espion est interprété par Leonid Mozgovoï qui interprète le rôle de Lénine dans Taurus de Sokourov et celui d’Hitler dans Moloch.]

Le choix de Custine par Sokourov n’est évidemment pas anodin. Son livre, non seulement dénonce le régime autoritaire de l’empire russe, mais décrit les Russes comme des ignorants paresseux qui acceptent d’être les esclaves du pouvoir. Ce livre a été réédité en France en 1990. Sokourov pensait déjà à son film, et il ne lui était sans doute pas désagréable de donner une sorte de réponse au livre de Custine dans la préface duquel Hélène Carrère d’Encausse écrivait “Custine [ … ] témoigne de la difficile rencontre entre la Russie tendue vers l’Europe et l’Europe qui ne sut jamais comment traiter et comprendre la Russie.”
Mais cette rencontre entre le Russe et l’Européen fonctionne aussi, pour le réalisateur, comme un dédoublement de sa personnalité : Sokourov converse avec lui-même, s’interroge à la fois sur son identité, sur celle de la Russie, sur le sens de l’histoire. Quand l’homme-caméra explique à Custine que Léningrad dans sa volonté inébranlable de résister aux Allemands a perdu plus d’un million d’habitants, la remarque de Custine qui dit que la ville ne méritait pas ce sacrifice, c’est évidemment la réponse de Sokourov lui-même. Il le dit d’ailleurs explicitement dans le documentaire Alexandre Sokourov. Questions de cinéma d’Anne Imbert (2009). Cet épisode est l’un des rares épisodes qui évoquent la Russie soviétique. Elle est encore évoquée un peu plus tard lorsque Sokourov compare le régime soviétique à celui de la Convention française, une Convention qui aurait duré presque quatre-vingts ans. La période soviétique est encore suggérée par la scène de la rencontre du directeur actuel du musée avec ses prédécesseurs dans une atmosphère d’inquiétude et de suspicion. Et pour ce qui est de la Russie contemporaine, représentée par des visiteurs du musée, lorsque Custine l’interroge sur la nature du régime actuel, Sokourov répond « Je ne sais pas ».
En faisant commencer le film à Pierre le Grand, sans évocation significative du passé antérieur, Sokourov lie le destin de la Russie à son rapprochement avec l’Europe au détriment des influences et velléités orientales qui ont pourtant marqué son histoire et de tout temps nourri les réflexions et interrogations de ses penseurs. Seule la réception par Nicolas I, de la délégation perse rappelle la politique orientale de la Russie.

 



 


L’Arche russe

Quand Custine est découvert, les points de vue entre l’Européen et le Russe se sont rapprochés et les deux personnages se séparent définitivement, l’Européen suit la foule qui sort et quitte le Palais. C’est à la fois la fin de la Russie impériale et la fin du rapprochement avec l’Europe. L’homme-caméra quitte la foule par un petit couloir latéral et nous montre à travers une petite porte, sorte de hublot d’un bateau parti à la dérive, une immensité d’eau calme et brumeuse. On comprend que l’Ermitage et le Palais d’Hiver, constituent l’Arche russe, l’Arche de Noé de la Russie. L’Union des arts et de la vie scellée par l’Histoire y résistera aux tempêtes et la Russie vivra éternellement.

 



 
Un film en une seule séquence

A la sortie du film, on a beaucoup parlé de l’exploit technique, encore inégalé à notre connaissance, qui a consisté à réaliser un film de fiction de 95 minutes en une seule séquence. Depuis qu’il a eu l’idée du film, quinze ans avant sa réalisation, Sokourov voulait ne faire qu’une séquence précisément pour ce film. Il a attendu qu’existent des caméras numériques de qualité suffisante. Et c’est à l’Allemand Tilman Bütter qu’a été confiée cette caméra.
Sokourov a dit que ce n’était pas l’exploit technique qui l’intéressait, mais le « résultat artistique ». L’effet pour le spectateur est sans doute celui d’un resserrement à la fois de l’espace et du temps. En suivant pas à pas la caméra qui ne s’arrête pratiquement pas, on a le sentiment de visiter le musée nous-même, à la même cadence. On tourne la tête quand la caméra tourne à la recherche d’un autre tableau ou d’une autre salle. On vit presque physiquement cette promenade dans l’espace et le temps. L’absence de fin de séquence avant la fin du film, c’est aussi l’absence d’intervention extérieure qui nous entraînerait, à la faveur d’une autre séquence, dans un autre lieu ou une autre époque. On se sent prisonnier des lieux dont Catherine II ne s’échappe qu’en disparaissant dans le froid et la brume. On traverse « en un seul souffle », selon l’expression de Sokourov, limités par l’espace mais aussi par le temps, une trentaine de salles et trois siècles d’histoire. Cette compression du temps fait écho à l’affirmation de Sokourov souvent citée : « Pour moi, l’histoire est un espace temporel uni. Je vis dans ces époques, et aucune n’a jamais cessé. Une époque historique ne peut pas disparaître complètement. »
La mobilité de la caméra de Bütter et les prouesses de l’éclairage permettent d’explorer certaines toiles en leur donnant un mouvement, une vie. On les observe en même temps que la caméra se déplace s’approche de certains détails ou change progressivement d’angle de vue. La caméra nous fait vivre de l’intérieur, aux côtés de l’homme-caméra, la magnifique scène du bal. Peut-être cette scène fait-elle penser à une autre magnifique scène de bal, celle du Guépard, plus majestueuse sans doute mais plus froide. Dans l’Arche russe, le réalisateur a su créer pour ce bal une atmosphère de fête joyeuse typiquement russe où les danseurs et spectateurs expriment sans retenue leur joie, leur amour de la musique et aussi leur reconnaissance aux interprètes. Ils savent se distraire, depuis Pierre le Grand, nous a prévenu Sokourov… Cette scène, comme d’ailleurs l’ensemble du film, est portée par la musique. Sokourov dit que l’image constitue « les jambes » d’un film, le son en est « l’âme ». On y entend notamment la Mazurka de Glinka extraite de son Opéra Une vie pour le Tsar. Glinka, considéré par les Russes comme le père fondateur de leur musique, est inconnu de l’Européen.
L’une des scènes qui montrent le mieux ce que peut exprimer une longue séquence avec une unique caméra est la longue scène de sortie des invités par les escaliers. Parmi eux on ne voit d’abord que ceux qui sont proches, on avance comme eux, sans pouvoir les contourner, puis à mi-hauteur de l’escalier nous nous retournons et embrassons du regard l’ensemble de la foule et du double escalier dans un décor fastueux.
Lors de cette scène on aperçoit Pouchkine, présence anachronique puisque ce bal, censé être le dernier de l’Empire, a eu lieu en 1913, alors que Pouchkine est mort en 1837. Outre que le célèbre poète ne pouvait pas ne pas faire partie de cette Arche Russe qui veille au destin de la Russie, Pouchkine, qui aimait la vie mondaine, a certainement participé à de telles fêtes. Non seulement sa poésie, mais son histoire est connue de tous les Russes. Comme Griboïedov, il a passé une partie de sa vie dans le Caucase, non pour y servir l’Etat comme son ami, mais pour y purger une partie de son exil. Sokourov profite de cette occasion pour nous montrer Custine critiquant l’œuvre du poète alors qu’il n’en connaît pas la langue. Dans cette scène on voit Pouchkine se quereller avec sa femme. La rumeur publique disait que la femme de Pouchkine était la maîtresse de l’officier français Georges-Charles d’Anthès qui vivait à Saint-Pétersbourg. Cette rumeur incita Pouchkine à provoquer son rival en duel. Atteint d’une balle, il mourut trois jours plus tard, le 27 janvier 1837.





 
Une prouesse plus grande qu’il n’y paraît

Sans doute doit-on juger un film indépendamment des difficultés techniques qu’il a dû surmonter. Je voudrais cependant en évoquer une. Le musée de l’Ermitage ne pouvait être fermé aux visiteurs que pendant 36 heures. La matinée du 23 décembre 2001 et la nuit qui a précédé ont dû suffire à préparer les lieux, adapter le contenu des salles, installer un éclairage spécial – ce qu’ont réalisé une cinquantaine d’électriciens – et faire pénétrer et préparer les quelque 1000 acteurs professionnels ou figurants. A 12h30 le tournage pouvait commencer. On ne pourrait le recommencer que si un incident se présentait moins de 20 minutes après le début. Trois tournages ont ainsi été interrompus. Les batteries de la caméra commençaient à se décharger. Il était presque 14h, et le 23 décembre est l’une des journées les plus courtes de l’année dans une ville septentrionale où les journées d’hiver sont très courtes. Alors Sokourov a décidé que le prochain et 4ème tournage serait le dernier. Soit aucun incident majeur ne se produisait et le film serait terminé dans une heure trente, soit un incident se produisait (un éclairage qui casse, un acteur qui a un trou de mémoire etc….) et le film serait définitivement abandonné, deux ans de travail minutieux de préparation seraient perdus. La tension était extraordinaire, une tension dont, soit dit en passant, on ne voit absolument rien à l’écran tant tout a l’air fluide et naturel. Le chef opérateur Tilman Bütter, raconte qu’une demi-heure avant la fin, il a failli craquer d’épuisement, mais que la beauté de la scène du bal qui commençait et qu’il voyait pour la première fois dans son décor luxueux lui a permis de redémarrer et d’aller jusqu’au bout. A la fin, tout le monde pleurait de soulagement. Pari gagné.




Notes :
- Pierre le Grand, né en 1872, a régné de 1682 à 1725. Il exerce réellement son pouvoir à partir de 1694. Il fonde St-Pétersbourg en 1703. Conçue d’abord comme une place forte militaire pour résister aux Suédois, elle est devenue la capitale de la Russie en 1717 et le restera jusqu’en 1917.
- Catherine II a régné de 1762 à 1796
- Nicolas I a régné de 1825 à 1855.
- Nicolas II a régné de 1894 à 1917
- Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine (1790 - 1857). Son grand-père fut guillotiné en 1793 et son père en 1794. Dans le film il est présenté comme diplomate, mais sa carrière diplomatique fut de courte durée : il assista Talleyrand au congrès de Vienne en 1815. Il est surtout connu comme écrivain. Son livre le plus connu est « La Russie en 1939 » qui fut publié en 1843 et réédité plusieurs fois. Le livre fut écrit à la suite d’un voyage que fit Custine en Russie de juin à septembre 1839 pendant lequel il visita Saint-Pétersbourg, Moscou, Yaroslav, Vladimir et Nijni Novgorod.
- On voit plusieurs voit Pouchkine dans le film soit se querellant avec sa femme soit la recherchant. Avant le duel l'"affaire Pouchkine", avec des lettres anonymes qui dénonçaient l'infidélité de sa femme, était devenu une affaire d'Etat. A tel point que Nicolas I a ordonné une enquête pour vérifier s'il s'agissait d'un complot qui pouvait impliquer le Français Georges d'Anthés et son père adptif Louis van Heeckeren (1792-1884), ministre plénipotentiaire des Pays-Bas en Russie. Cette thèse du complot (jamais prouvé) est reprise dans un film récent : Pouchkine. Le dernier duel de Natalia Bondartchunk (la fille du célèbre acteur et réalisateur Sergueï Bondartchouk).
- Parmi les œuvres d’art sur lesquelles s’attarde la caméra :
    - Les Trois Grâces de Canova
    - La Madone aux perdrix de Van Dyck
    - La Naissance de Saint-Jean Baptiste du Tintoret
    - Bacchus de Rubens
    - Le repas chez Simon le pharisien de Rubens
    - L’Enfant prodigue de Rembrandt
    - Cléopâtre de Massimo Stanzione
    - Saint Pierre et Saint Paul de Véronèse

- Le DVD, réalisé par les Editions Montparnasse, donne à la fois une copie en version originale sous-titrée et une copie doublée en français. Il contient un bonus très intéressant expliquant les conditions de tournage et donnant plusieurs interviews dont l’une de Sokourov et une de Tilman Bütter.
- On trouvera une petite bibliographie sur le site kinoglaz.fr, dans les « Commentaires » de la page du film : kinoglaz.fr/u_fiche_film.php?num=682

 

 

 


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