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Biographie, articles et interviews de Joël Chapron




Le Fonds du cinéma opère sa première rotation
et modifie l’attribution de ses subventions

 



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Conformément à ce qui avait été annoncé lors de la création, en 2010, du Fonds du cinéma, principal pourvoyeur aujourd’hui des subventions d’État à la cinématographie russe, des changements sont intervenus début juin 2012 et ont eu notamment pour effet de modifier la liste des sociétés de production dites « sociétés-leaders » destinataires de ces subventions, mais aussi d’élargir les prérogatives de ce Fonds.


Sur les 8 sociétés qui avaient été initialement désignées, non sans contestation, comme futures récipiendaires des subventions, la société Rekoun avait été l’an passée supprimée de la liste et il n’en restait donc plus que 7 au début de l’année 2012 : Direktsia Kino (dirigée par Anatoli Maximov), CTB (Sergueï Selyanov), Tri-Te (Nikita Mikhalkov), Tabbak/Bazelevs (Timour Bekmambetov), Central Partnership (Mark Lolo), Art Pictures Studio (Dmitri Roudovski et Fedor Bondartchouk) et Profit (Igor Tolstounov). Lors de la réunion du conseil de surveillance du Fonds, le 6 juin 2012, trois changements majeurs sont intervenus : la société Profit a été sortie du jeu, ses indicateurs de réussite commerciale sur les films produits avec l’argent du Fonds n’ayant pas été jugés suffisamment bons ; la société Real-Dakota (dirigée par Renat Davletiarov) l’a remplacée dans cette courte liste des « sociétés leaders » compte tenu des succès commerciaux donc Real-Dakota peut s’enorgueillir ; 3 autres sociétés ont été non pas incluses dans la liste, mais vont elles aussi bénéficier des subventions du Fonds, leur réussite étant en revanche bien plus festivalière que commerciale : il s’agit de Rok (dirigée par Alexeï Outchitel), Koktebel (Roman Borissevitch) et Non-Stop Production (Alexandre Rodnianski).

Le Fonds s’est vu octroyer, pour l’année 2012, une somme de 3,8 milliards de roubles [95 millions d’euros].

Les 7 « sociétés-leaders » se partageront 2,245 milliards de roubles [56,1 millions d’euros], non plus à parts égales comme lors de la création du Fonds (6,25 millions d’euros), mais en proportion des succès commerciaux qu’elles ont accumulés et au vu des projets qu’elles soumettent. Sur cette somme, 1,695 milliard [42,4 millions €) seront destinés au soutien à la production et 550 millions [13,75 millions €] au soutien à la distribution. De plus, ces sociétés devaient jusqu’à présent rembourser 5% des recettes du film au prorata de la subvention accordée. Désormais, dans le cas d’une comédie, d’un film d’animation ou d’une coproduction internationale, ce taux de remboursement s’élèvera à 25% ; pour les autres films, le taux ne change pas : 5% ; pour le soutien à la distribution, le taux s’élèvera à 50%.

Le Fonds octroie également des subventions aux films traitant d’une « thématique sociale capitale ». Pour ce faire, le Fonds dispose de 1,457 milliard [36,4 M.] de roubles (1,256 milliard [31,4 M.] pour la production et 201 millions [5 M.] pour la distribution). Compte tenu de l’accent que l’État russe veut désormais mettre sur les films pour enfants et pour la jeunesse, le conseil de surveillance du Fonds a décidé de geler 300 millions de roubles [7,5 millions d’euros] qui sont donc exclusivement destinés à ces projets ; de même, une somme de 250 millions [6,25 M.] a été affectée aux coproductions internationales.

Enfin, une somme de 175 millions de roubles [4,37 milions d’euros] a été budgétée pour promouvoir les films russes sélectionnés dans les festivals nationaux et étrangers ainsi que sur les marchés internationaux.

C’est d’ailleurs sur ce terrain que le Fonds du cinéma et Roskino – l’organisme de promotion du cinéma russe à l’étranger qui a remplacé Sovexportfilm – sont désormais en concurrence frontale. En effet, ces deux entités tout aussi officielles et étatiques l’une que l’autre, avaient deux stands différents au Marché de Berlin, deux stands au Marché de Cannes, organisent l’une comme l’autre des tables rondes sur les coproductions, des screenings de films russes destinés aux distributeurs étrangers (« Doors » pour Roskino en juin, « Red Square Screenings » pour le Fonds en octobre) et ont toutes deux pour but de défendre au mieux les intérêts du cinéma russe à l’étranger.

À moins que Vladimir Medinski, le nouveau ministre de la Culture russe nommé le 21 mai dernier au grand étonnement du monde du cinéma qui ne le connaît pas, n’en décide autrement.


Joël CHAPRON
Juin 2012

 

 




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