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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Bakour BAKOURADZE
Бакур БАКУРАДЗЕ
Bakur BAKURADZE
 
Russie, 2011, 110 mn 
fiction

Le Chasseur

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Охотник

 

 The Hunter

 Okhotnik


 
Réalisation : Bakour BAKOURADZE (Бакур БАКУРАДЗЕ)
Scénario : Bakour BAKOURADZE (Бакур БАКУРАДЗЕ), Ilia MALAKHOVA (Иля МАЛАХОВА)
 
Interprétation
Mikhaïl BARSKOVITCH (Михаил БАРСКОВИЧ) ...Ivan Dounaev
Tatiana CHAPOVALOVA (Татьяна ШАПОВАЛОВА) ...Liouba
Guera AVDOTCHIONOK (Гера АВДОЧЕНОК) ...Kolia
Vladimir DEGUILEV (Владимир ДЕГИЛЕВ) ...Viktor
 
Images : Nikolaï VAVILOV (Николай ВАВИЛОВ)
Décors : Kirill CHOUVALOV (Кирилл ШУВАЛОВ)
Produit par : Archil GUELOVANI (Арчил ГЕЛОВАНИ), Youlia MICHKINENE (Юлия МИШКИНЕНЕ), Sergueï SELIANOV (Сергей СЕЛЬЯНОВ)
Production : CTB
 

Prix et récompenses :
Meilleure réalisation Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2011
Meilleur rôle féminin Tatiana CHAPOVALOVA , Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2011
Prix de la Guilde des critiques et historiens du cinéma Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2011
Prix du public, Programme "Art-Linia", Festival de cinéma russe ''Premières de Moscou'', Moscou (Russie), 2011

Synopsis
Ivan Dounaev est fermier et il se lève tôt : il doit nourrir les cochons, vérifier la comptabilité, s'occuper de son tracteur, découper la viande qu'il va vendre au marché dans sa vieille fourgonnette. Il vit avec sa femme, sa fille adolescente et son jeune fils. Et il chasse... Un monde de routine, jusqu'au jour où deux nouvelles ouvrières débarquent à la ferme : Liouba et Raïa, des détenues de la colonie pénitentiaire voisine. Et sans même qu'Ivan ne s'en rende compte, sa vie va se mettre à changer.
 

Commentaires et bibliographie
Regards de Russie, le cinéma russe à Paris, Eugénie ZVONKINE, 1kult.com, 2011
 
Dossier de presse

NOTE D’INTENTION : Il est difficile pour un homme d’aujourd’hui d’être vraiment lui-même. Ses sentiments et ses pensées alternent, comme tournés vers un but inconnu. Dans la vie, l’homme suit souvent les autres, comme dans une foule en mouvement : « Si tout le monde fait ainsi, alors moi aussi. »
Si un homme ressent la nécessité de ne pas devenir un élément parmi tant d’autres du désarroi général mais au contraire de se retrouver via ses propres pensées, via sa responsabilité ; s’il se donne le droit d’être coupable, s’il s’autorise à sentir, à faire confiance et à commettre des actes, cet homme peut alors devenir un héros. Ce n’est pas un héroïsme fugace, sacrificiel ou militaire. C’est la façon même de vivre sa vie qui peut être cachée dans la routine et la monotonie du quotidien.
Ce n’est qu’au prix de tels efforts quotidiens que l’homme peut créer de lui-même le monde qui l’entoure. Un tel monde devient immanquablement fermé, aussi naturel que le sont l’alternance des saisons à la ferme, l’amour familier porté à sa femme ou le respect des horaires pour nourrir les porcs.
Qu’arrive-t-il quand cet espace du quotidien est rompu par la proximité de deux êtres ? Quand un être apparaît soudain, dénué de toute illusion et qui a besoin de toi ?

INTERVIEW DE BAKUR BAKURADZE

Le scénario de ce film, à l’instar de celui de Shultes est-il inventé de toutes pièces ou bien est-il basé sur des faits réels ?
Oui, d’un côté, il est inventé. Mais, de l’autre, si l’on commence à réfléchir sur ce qui est réellement inventé dans ce qu’on invente et ce qui relève du mélange de ce qu’on a vu et entendu dans la réalité, on en perd définitivement son latin. Il est très difficile aujourd’hui, à l’époque de l’information, de trouver où commence quoi. Nous lisons les journaux, écoutons la radio, voyons des choses, observons, et une image se crée. Cette image amène à elle un certain sujet. Puis ce sujet exige, à son tour, des précisions… Il est évident qu’une telle histoire et un tel amour pourraient arriver dans la vie, mais, à l’inverse, ce sujet n’est pas de ceux glanés dans la vie qu’on peut prendre et adapter. Cela arrive d’ailleurs assez peu, maintenant. C’est pourquoi les films d’aujourd’hui sont comme des puzzles dont on rassemble les pièces pour les composer. Le sujet est donc inventé, mais les pièces sont bien réelles.

Autant que je le comprenne, il n’y a dans Le Chasseur aucun repère dans le temps ni de lien particulier à un pays. Vous aimez le cinéma « hors du temps » ?
Dire qu’on est « hors du temps », c’est déjà avoir un rapport au temps. Sans doute ne peut-on appliquer cette expression qu’aux sujets provenant de l’Antiquité. Shultes, par exemple, bien qu’il puisse aussi relever de l’expression « hors d’un temps défini et d’une ville », raconte néanmoins une histoire qui a un rapport direct avec l’époque où nous vivons. L’espace dans lequel vit Shultes est bien plus lié à celui d’aujourd’hui que l’espace du Chasseur. Dans ce dernier, l’accent est mis non sur le temps, mais sur l’homme, sur les relations homme-femme et les relations père-fils.
Bien sûr, dans les grandes villes, tout a changé depuis longtemps et même faire l’amour est différent, mais il y a des choses de base qui restent inchangées.

Dans Shultes, on voit bien que vous menez un combat contre deux facteurs : l’aspect fictionnel et l’espace urbain.
Oui, absolument. Cet aspect fictionnel, dans le cinéma russe – ou, pour dire les choses autrement, une certaine convention, voire l’artificialité de ce qui se passe à l’écran que le spectateur a acceptées depuis longtemps –, paraît étrange aujourd’hui. Pourquoi en est-on là est une question complexe. La plupart des films russes ne me plaisent pas justement parce que notre cinéma pèche par une « fictionalité » standardisée. D’où cela vient-il : du théâtre, de la télé, de la combinaison de nombreux facteurs ? Difficile de le déterminer. Il y aura bien sûr toujours une différence entre le cinéma et la vie, mais dans le cas présent elle est révoltante. Je suis sûr que ça ne peut pas continuer ainsi longtemps, car « la fictionalité » ne mène nulle part et se meurt. J’aimerais que le cinéma russe prenne une autre direction. Les personnages du cinéma russe ne peuvent quand même pas parler avec les intonations avec lesquelles ils parlaient dans les années 1980, voire dans les années 1970 !
Pour ce qui est de la « résistance à la ville », nous vivons tous dans des grandes villes et sommes en conflit avec elles. La ville dicte ses conditions de vie. Il est difficile à l’homme rester lui-même et de créer, d’exister selon ce que lui dictent sa nature et son caractère. C’est pourquoi nous nous soumettons, ou pas, à la ville, mais dans le cas même où nous ne nous y soumettons pas, nous en dépendons quand même. D’où le fait que je ne mène pas de combat contre la ville : sans doute suis-je plus dans l’étude des moyens de lui résister.

Dans Le Chasseur, sans doute est-ce pour cette raison que vous avez sorti votre héros de la ville. Pour que votre expérience sur l’homme soit, disons, plus pure ?
Exactement, sans qu’il y ait de facteurs extérieurs qui puissent influer. Pour que l’homme reste seul avec lui-même. Vous savez, chaque nation a ses particularités psychologiques. Elles influent fortement sur le comportement de l’homme. Il me semble que, lorsqu’il exprime ses sentiments, le Russe est plus libre que bien des représentants d’autres nations. Par exemple, dans les démonstrations d’amour. En Russie, quand les gens sont attirés l’un par l’autre, il y a très peu de facteurs qui empêchent les gens de se rapprocher. Bien moins que, par exemple, en Égypte. La seule chose qui puisse empêcher un Russe est ce qu’il s’est lui-même inventé, c’est-à-dire cette fameuse fourmilière qu’on appelle une mégapole. Et pour que l’homme se forme de lui-même, pour qu’il prenne ses décisions, il est plus pratique d’avoir un lieu isolé. En dehors de la ville.

Dans les années 2000, le mot « professionnalisme » était comme une sorte de mot-fétiche, notamment dans le cinéma. Aujourd’hui, nous en arrivons à nous dire que le professionnalisme en cinéma est indispensable, mais pas suffisant. Dans Le Chasseur, vous n’avez presque aucun acteur professionnel. Vous estimez que le métier de l’acteur professionnel entrave l’expression artistique ?
Si on veut rester dans un contexte général, je dirais que oui : le professionnalisme est plutôt nuisible. Mais il faut d’abord s’entendre sur l’acception du mot. Si l’on parle d’un acteur qui sur le plateau se livre de telle sorte qu’il lui reste assez de réserve pour réitérer ce même jeu moyen sur vingt autres plateaux, alors ce type de professionnalisme ne m’intéresse pas. Si l’on parle des acquis, de l’aptitude de l’acteur à, par exemple, éclater de rire, alors le professionnalisme est très important. Vous savez, un acteur non professionnel ne peut pas éclater de rire sur commande. Il peut pleurer sur commande, mais pas éclater de rire. C’est très difficile à apprendre.

Andreï Arkhanguelski, Ogoniok
(traduit du russe par Joël Chapron)


Sélections dans les festivals :
- Festival international du film de Rotterdam, Rotterdam (Pays-Bas), 2012
- Festival du Film de Cottbus - Festival de Cinéma Est-européen, Cottbus (Allemagne), 2011
- Semaine du nouveau cinéma russe à Paris : Regards de Russie, Paris (France), 2011
- Festival de Cannes, Cannes (France), 2011
- Festival international du film d'Inde : IFFI, Goa (Inde), 2011
- Festival international du film de Reykjavik, Reykjavík (Islande), 2011
- Festival international du film d'Haïfa, Haïfa (Israël), 2011
- Festival de films russes : Spoutnik au dessus de la Pologne, Varsovie (Pologne), 2011
- Festival international du film Era New Horizons, Wroclaw (Pologne), 2011
- Festival du film russe à Londres, Londres (Royaume Uni), 2011
- Festival international de cinéma : Méridiens du Pacifique, Vladivostok (Russie), 2011
- Festival de cinéma russe ''Premières de Moscou'', Moscou (Russie), 2011
- Festival de cinéma russe ''Une fenêtre sur l'Europe'', Vyborg (Russie), 2011
- Ciné-Forum international de Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg (Russie), 2011
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2011
- Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2011
- Festival international du film sur les droits de l'homme "Stalker", Moscou (Russie), 2011
- Festival des Festivals, Saint-Pétersbourg (Russie), 2011
- Art Film Festival, Trencin (Slovaquie), 2011
- Festival du film de Locarno, Locarno (Suisse), 2011

Images et vidéos
 
 


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