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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Andreï TARKOVSKI
Андрей ТАРКОВСКИЙ
Andrei TARKOVSKY
 
URSS, 1972, 169 mn 
Couleur, fiction

Solaris

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Солярис

 

 Solyaris

 Solyaris


 
Réalisation : Andreï TARKOVSKI (Андрей ТАРКОВСКИЙ)
Scénario : Friedrich GORENSTEIN (Фридрих ГОРЕНШТЕЙН), Andreï TARKOVSKI (Андрей ТАРКОВСКИЙ)
D'après le roman de Stanislas Lem
 
Interprétation
Donatas BANIONIS (Донатас БАНИОНИС)
Natalia BONDARTCHOUK (Наталья БОНДАРЧУК)
Nikolaï GRINKO (Николай ГРИНЬКО)
Aleksandr MICHARINE (Александр МИШАРИН)
Sos SARKISSIAN (Сос САРКИСЯН)
Anatoli SOLONITSYNE (Анатолий СОЛОНИЦЫН)
Gueorgui TEIKH (Георгий ТЕЙХ)
Yuri YARVET (Юри ЯРВЕТ)
 
Images : Vadim YOUSSOV (Вадим ЮСОВ)
Décors : Mikhaïl ROMADINE (Михаил РОМАДИН)
Musique : Edouard ARTEMIEV (Эдуард АРТЕМЬЕВ)
Ingénieur du son : Semion LITVINOV (Семён ЛИТВИНОВ)
Production : Mosfilm
Date de sortie en Russie : 05/02/1973
 

Prix et récompenses :
Grand Prix Spécial du Jury Festival de Cannes, Cannes (France), 1972
Prix de la FIPRESCI à Karlovy Vary en 1972

DVD avec sous-titres
Editeur : Artificial Eye
Editeur : Films sans frontières
Editeur : MK2
Editeur : Ruscico.
Languages : RU EN FR
Subtitles : RU EN FR ES IT PT DE NL CS AR HE ZH JP
Editeur : Potemkine. 2011. Titre : Solaris

Synopsis
Une station orbitale habitée a pour mission d’observer pour la Terre une mystérieuse planète, Solaris. Un célèbre psychologue, Kris Kelvin, est envoyé rejoindre la station orbitale pour en contrôler le fonctionnement et préciser sa mission future. Il y découvre que l’un des trois chercheurs qui s’y trouvaient, Gibarian, s’est suicidé, les deux autres Snaut et Sartoris sont visiblement nerveusement éprouvés par leur mission. Très rapidement, Kris se sent lui aussi perturbé par l’atmosphère qui règne dans la station. Il commence, lui aussi, a avoir des visions générées et matérialisées, semble-t-il, par la mystérieuse planète. Solaris apparaît comme un immense océan, on lui envoie l’encéphalogramme du cerveau de Kris et ce dernier pourra voir émerger des flots la maison de son père avec son jardin et l’étang… le cadre tant aimé de son enfance.
 

Commentaires et bibliographie
 
Les commentaires qu’on trouvera, ci-dessous, sont extraits du livre Le Cinéma russe et soviétique sous la direction de Jean-Loup Passek, Centre Pompidou, 1981

Commentaires de l’auteur :
Il y a quelques années, j'aurais été sûrement bien étonné si l'on m'avait dit que je réaliserais un film de science-fiction. À vrai dire, à la lecture du roman de Stanislas Lem, j'étais envahi non pas par son sujet fantastique mais par une appréciation réaliste des problèmes archicompliqués qui vont se poser pour l'homme à la suite du progrès technique et scientifique.
L'homme et la conscience humaine rencontrent dans l'espace des phénomènes inconnus — c'est bien possible ! Mais quelle est la mesure de la morale pour définir le visage humain dans ce nouveau système de coordonnées ? Comment rester un homme dans une situation inhumaine ? Ce sont des questions qui vont être posées...
Il est difficile de surestimer l'importance de l'évolution scientifique et technique dans le monde d'aujourd'hui; à plus forte raison, il faut tout faire pour empêcher l'utilisation de ses résultats contre l'humanité. Ce n'est pas la dévaluation des biens spirituels de l'humanité, mais c'est leur importance croissante. Le perfectionnement moral de l'homme s'avère être une nécessité. Voilà pourquoi il m'est paru intéressant de raconter l'histoire de Kelvin qui s'était penché sur son passé, afin de le revivre de façon nouvelle, tout à fait autrement grâce à la possibilité offerte par Solaris.
Dans le roman de Lem, la planète inventée représente une espèce de cerveau géant dans lequel se matérialisent les images dissimulées par nos héros dans le fond de leur âme, les images qui les tourmentent. C'est ainsi que Kelvin revoit sa femme qui s'est suicidée autrefois, ce dont il se sent responsable. Mais il est impossible de refaire son passé, il est irrévocable. L'homme doit répondre pour toutes ses actions dont il assume la pleine responsabilité. Kelvin souffre profondément de cette douleur morale, il ne peut rien changer ni refaire. Pourtant, son désir de refaire, de changer, n'est pas insensé. Il en sort purifié moralement.
En définitive, tous mes films parlent de la même chose. Tous mes héros possèdent un trait commun — ils surmontent quelque chose. Pour arriver à comprendre les lois de la vie, pour rester fidèles à eux-mêmes et à leur devoir envers les hommes, mes héros traversent une période de réflexions, de recherches et de découvertes.
L'action du roman de Stanislaw Lem se déroule entièrement sur Solaris, et nous, nous y avons ajouté quelques épisodes se passant sur la Terre. J'ai besoin de la Terre pour souligner les contrastes. Je voudrais que le spectateur puisse apprécier la beauté de la Terre, pour qu'il pense à Elle en revenant de Solaris, bref, qu'il sente cette douleur salutaire de la nostalgie. Kelvin décide de rester sur Solaris, pour continuer ses recherches, car c'est bien là pour lui son devoir humain. C'est alors que j'ai besoin de la Terre pour faire éprouver plus profondément le drame du héros qui a refusé de regagner sa planète natale.

Autres commentaires

Solaris, c'est, en quelque sorte, le retour à la spiritualité, après un demi-siècle de matérialisme; c'est Dostoïevski supplantant Karl Marx; ce sont les astronautes réapprenant leur âme. <…>, la grand énigme reste Solaris, <…>, la planète qui possède cette particularité étrange de n'être qu'un immense océan.
Solaris est une fable qui brasse le passé, le présent, le ciel, 1a terre, l'enfer, avec une rare puissance d'évocation. L'Océan c'est une image de Dieu, non le Dieu d'amour (celui-là, c'est au hommes de le découvrir), mais le Dieu de justice, celui qui rend à chacun son dû. Chaque astronaute a le « visiteur » qu'il mérite. Esthétiquement, le film s'organise — contrairement au livre qui se passait exclusivement sur Solaris — entre deux vision terrestres : la première, réaliste et réelle, avant le départ de Kelvin; la seconde, probablement reconstituée à la surface de l'Océan, comme une sorte de récompense accordée à Kelvin pour avoir choisi d'assumer pleinement son remords. <…>
Après deux visions de Solaris, et une lecture attentive du livre de Lem, je suis loin d'avoir tout compris. Mais certains épisodes (1a « résurrection » de la femme, par exemple) me poursuivent, à la fois obsédants et libérateurs. Il en sera, je l'espère, de même pour vous, si vous consentez à l'effort de deux heures trente d'attention, si vous acceptez de vous laisser imprégner par ce film, si vous comprenez, au terme, que deux âmes slaves (une polonaise, une russe) se sont alliées pour vous offrir, de l'éternité, un visage conforme aux exigences de justice el d'amour qui habitent tout homme.
J. Rochereau La Croix


Voici quelques années, Tarkovskij déclarait dans une interview qu'il tournerait Solaris sans exotisme. Le fantastique sans exotisme, c'est difficile et l'idée n'est pas courante. Car il y a réellement un paradoxe de soutenir une idée par l'idée contraire — le chemin est risqué. Je pense qu'il a réussi. Tout l'exotisme de Solaris, ce sont les conditions, l'arrière-plan fantastiques. Ces conditions qu'explorent les acteurs du film. Ceux qui connaissent l'écrivain polonais comprennent cela, mais les autres n'entrent pas en contact. Il y a eu des victimes, des témoins oculaires ont vu des choses étranges volant à la surface. Il y a des dizaines d'hypothèses. La solaristique est dans une impasse. Le spectateur arrive dans une crise.
Mais le film ne commence pas par le fantastique. Qui attend des cosmodromes de carton, des fusées en fusion, des ascenseurs silencieux, des héros en costumes plastifiés, sera déçu. Il n'y a pas dans le film de phénomène biologique, de mouton volant ou de vache-reptile. On a l'impression que — Dieu sait pourquoi — le réalisateur traîne. Il n'y a pas la dynamique du début du livre. Mais c'est volontaire. Il a décidé de se passer de toute aventure, de toute technologie, et le film commence sur Terre (...) Longtemps, rien ou presque n'arrive et pourtant nous sommes pris. L'histoire a commencé depuis longtemps. À quel propos ? De la terre et de l'eau, de la vie, des livres, de l'herbe et de la pluie (...). et Snaut, un enthousiaste de Solaris, qui y vit depuis 10 ans, nous dit : « Vous devez savoir que nous ne voulons pas vaincre le cosmos. Nous voulons élargir les limites de la Terre jusqu'à lui ». Est-ce de l'anti-fantastique ? une parodie ? Non. Le cosmos est proche. Il est chez les gens. Dans leurs questions.
A. Urban Iskusstvo Kino, 1973 n" 5.

Sélections dans les festivals :
- Festival du film russe à Paris, Paris (France), 2018
- Festival international du film d'Edimbourg, Edimbourg (Royaume Uni), 2018
- Rétrospective Andreï Tarkovski à la cinémathèque française, Paris (France), 2017
- Festival international du film de La Rochelle, La Rochelle (France), 2017
- Cycle Tarkovski au cinéma "Les Montreurs d'images", Agen (France), 2017
- L'événement Tarkovski à l'Institut Lumière, Lyon (France), 2017
- Festival international du film de Shangaï, Shangaï (Chine), 2016
- Festival de Cannes, Cannes (France), 2016
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2016
- Cinémathèque de Toulouse : Tarkovski et autres poètes du cinéma soviétique, Toulouse (France), 2014
- Rétrospective Andreï Tarkovski à la Filmothèque du Quartier Latin, Paris (France), 2013
- Festival de films ''L'Europe autour de l'Europe'', Paris (France), 2013
- Les Maîtres russes, Montréal (Canada), 2012
- Festival international du film d'Arras. L'autre cinéma, Arras (France), 2012
- Cinéma Russie Institut Lumière, Lyon (France), 2012
- Festival de films russes : Spoutnik au dessus de la Pologne, Varsovie (Pologne), 2012
- Cycle de cinéma soviétique à la cinémathèque d'Alger, Alger (Algérie), 2011
- La Russie en vedette au 3ème festival international de peinture de la Ferté Bernard, La Ferté Bernard (France), 2011
- Les rencontres culturelles Russenko, Le Kremlin-Bicêtre (France), 2011
- Rétrospective Andreï Tarkovski : l’immagine dell’assoluto, Milan (Italie), 2011
- Festival de films russes : Spoutnik au dessus de la Pologne, Varsovie (Pologne), 2011
- Festival Cinémascience, Bordeaux (France), 2010
- Festival du film fantastique de Gérardmer, Gérardmer (France), 2010
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2010
- Festival international du cinéma Tarkovski "Le Miroir", Ivanovo (Russie), 2010
- Festival international de cinéma indépendant : BAFICI, Buenos Aires (Argentine), 2009
- Rétrospective de cinéma russe au Reflet Médicis, Paris (France), 2009
- Cycle de cinéma russe à l'Arlequin, Paris (France), 2009
- Festival de films russes : Spoutnik au dessus de la Pologne, Varsovie (Pologne), 2009
- Festival international du cinéma Tarkovski "Le Miroir", Ivanovo (Russie), 2009
- Cinéphilies de Grenoble, Grenoble (France), 2008
- Festival international du film de Damas, Damas (Syrie), 2008
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2007
- Cycle de cinéma russe à l'Arlequin, Paris (France), 2007
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005
- Festival de Cannes, Cannes (France), 1972

Images et vidéos
 
Film with English and French subtitles : Click here

 


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