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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Gueorgui TASSINE
Георгий ТАСИН
Georgi TASIN
 
URSS (Ukraine), 1928, 54 mn 
Noir et blanc, muet, fiction

Le Cocher de nuit

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Ночной извозчик

 

 The Night Coachman

 Nochnoy izvozchik


 
Réalisation : Gueorgui TASSINE (Георгий ТАСИН)
Scénario : Moïsseï ZATS (Моисей ЗАЦ)
 
Interprétation
Amvrossi BOUTCHMA (Амвросий БУЧМА) ...Gordeï Yarochtchouk
Maria DIOUSSIMETIER (Мария ДЮСИМЕТЬЕР) ...Katia
Youri CHOUMSKI (Юрий ШУМСКИЙ)
Nikolaï NADEMSKI (Николай НАДЕМСКИЙ)
 
Images : Albert KIOUN (Альберт КЮН)
Décors : Iossif CHPINEL (Иосиф ШПИНЕЛЬ)
Musique : Youli MEITOUS (Юлий МЕЙТУС), Vsevolod RYBALTCHENKO (Всеволод РЫБАЛЬЧЕНКО)
Production : VUKFU
 

Synopsis
Durant la guerre, Odessa est aux mains des interventionnistes. Pendant que le cocher de nuit Gordeï Yarochtchouk conduit des officiers blancs dévoyés, sa fille Katia imprime des tracts, aidée par le jeune bolchevik Boris. Gordeï, qui a fini son labeur plus tôt qu'à l'ordinaire, décide d'aller chercher son enfant à la sortie de son travail. Il apprend que Katia a quitté son emploi depuis deux mois. Furieux, il rentre chez lui, aperçoit Boris et va le dénoncer. Par malchance, c'est Katia que le commissaire arrête et Gordi doit emmener lui-même sa fille à la morgue où elle est tuée sous ses yeux. Le vieil homme erre toute la jour¬née dans la ville. A nouveau interpellé par le commissaire qui vient d'appréhender Boris, il se rachète en faisant signe au prisonnier de sauter en marche et en précipitant son attelage du haut de l'escalier.
Myriam Tsikounas, Les origines du cinéma soviétique, un regard neuf, Editions du Cerf
 

Commentaires et bibliographie
Les origines du cinéma soviétique : un regard neuf, Myriam TSIKOUNAS, Cerf, 1992
 
Tourné au Studio d’Odessa en 1928, année bénie du cinéma muet en Ukraine avec plus de trente longs métrages de fiction, Le Cocher de nuit est considéré comme l’une des œuvres majeures de l’époque. Réalisé par Heorhiї Tassine sur un scénario de Mykhaïlo Kats, ce film, ainsi que Deux jours de Heorhii Stabovyi, sont de ceux qui vont ouvrir la voie au réalisme en décentrant l’individu par rapport à la masse et en plaçant le héros au cœur des événements. Né du rejet de la représentation abstraite et symbolique de la réalité que véhiculent les films allégoriques, ce nouveau courant psychologique manifeste un intérêt pour le destin des individus, leurs drames personnels et leur interaction avec le milieu social. L’histoire du vieux cocher Hordiї Yarochtchouk, qui voiture pendant la nuit les officiers blancs dans Odessa, semble être celle d’un homme fermé à tout ce qui est hors de sa sphère familiale et ne veut pas entendre parler de politique. Mais à la suite d’une tragédie personnelle, son histoire devient le récit d’un héros qu’une prise de conscience pousse au courage civique. En dénonçant Boris (Karl Tomskyi), l’ami bolchevique de sa fille Katia (Marie Ducimetière), il la dénonce involontairement. Le rôle-titre est tenu par la star du cinéma de l’époque Ambroise Boutchma, venu du théâtre de Lès Kourbas. À cette époque, entre 1926 et 1930, Boutchma travaille exclusivement pour le cinéma en tenant les premiers rôles dans les films de Tchardynine, Okhlopkov, Tassine, qui lui donnent une liberté artistique totale, notamment dans les rôles de composition où il campe tantôt un Français, tantôt un Anglais ou un Américain. Son partenaire Youriï Choumskyi, qui a connu les affres de la guerre civile, interprète avec brio celui de l’officier des services secrets. Cette œuvre émotionnelle de portée socio-politique, qui marque un tournant dans le cinéma ukrainien, soulève le problème des populations prises en otage par l’ennemi, thème qui sera exploité jusqu’à l’écœurement dans le cinéma soviétique. Le Cocher de nuit fut très vite comparé au film Le Dernier fiacre de Berlin de Karl Boese, et le jeu de l’acteur Ambroise Boutchma à celui d’Emil Jannings dans Le Dernier des hommes de Friedrich Murnau.

À l’instar de la plupart des films odessites, Le cocher de nuit fut tourné in situ. Le réalisateur ne se servit pas de la ville comme d’un décor pittoresque, mais comme d’un élément constitutif de l’intrigue et du jeu des acteurs. Les séquences principales furent enregistrées dans un splendide ensemble urbain, partant du Palace Vorontsov jusqu’au boulevard Primorsky (à l’époque boulevard Feldman) et la Place Catherine. Selon le témoignage d’Ambroise Boutchma, la scène finale, qui se déroulait sur les escaliers Potemkine, fut amputée pratiquement de sa totalité. Tassine avait pour principe de ne pas truquer ses scènes et demandait à ses acteurs de ne pas être doublés. Un cheval d’une caserne de pompiers bien entraîné fit l’affaire devant plusieurs caméras installées sur les marches. Boutchma lança sa monture au galop en dirigeant la calèche dans les escaliers. Il sauta de celle-ci lorsque le cheval, devenu fou, se brisa les jambes sur un palier intermédiaire. Enregistrée à l’aube, cette ultime scène se terminait par la mort de l’officier et du cocher, les yeux fixés sur les nuages moutonnant dans le ciel.

Le Cocher de nuit fut présenté avec un accompagnement musical live d’Arsène Trofimov au Premier Festival du cinéma muet d’Odessa Mute Nights’ Silent Films Festival, le 18 juin 2010.

Lubomir Hosejko

Sélections dans les festivals :
- Cycle de cinéma ukrainien au MuCEM, Marseille (France), 2014
- Journées du cinéma muet de Pordenone, Pordenone (Italie), 2013

Images et vidéos
 






 


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