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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Dziga VERTOV
Дзига ВЕРТОВ
Dziga VERTOV
 
URSS, 1930, 67 mn 
Noir et blanc, documentaire

La Symphonie du Donbass

Enthousiasme

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Симфония Донбаса

 

 Enthusiasm (Simfoniya Donbassa)

 Simfoniya Donbasa


Sous titre russe : Энтузиазм
 
Réalisation : Dziga VERTOV (Дзига ВЕРТОВ)
Images : Boris TSEITLINE (Борис ЦЕЙТЛИН)
Musique : Nikolaï TIMOFEEV (2) (Николай ТИМОФЕЕВ (2))
Ingénieur du son : Piotr CHTRO (Пётр ШТРО)
Montage : Elizaveta SVILOVA (Елизавета СВИЛОВА), Dziga VERTOV (Дзига ВЕРТОВ)
Production : Ukraїnfilm, Studio de Kiev
Date de sortie en Russie : 02/04/1931
 

Synopsis
Premier film sonore de Dziga Vertov. Il s’agit d’un documentaire sur les mineurs du Donbass dans lequel Vertov fait un usage recherché et original des sons industriels. Charlie Chaplin a écrit à Vertov pour le féliciter et lui dire qu’il n’avait pas imaginé qu’on puisse obtenir un résultat aussi beau par usage de bruits d’usines. Chaplin a également dit qu’il considérait que c’était le meilleur film de l’année. Le film connut un très grand succès en Europe mais fut peu apprécié en Union Soviétique.
 

Commentaires et bibliographie
 
En Ukraine, le cinéma sonore apparaît de manière hésitante au début des années 30. Résultant d’une décision politique qui privilégie l’industrie lourde aux dépens de l’industrie légère, le passage du muet au parlant se fera par étapes successives. Sur les quelques 110 longs métrages tournés en Ukraine entre 1930 et 1935, seule une vingtaine sera sonorisée ou conçue sonore selon trois catégories : les films naturalistes ou expérimentaux, les films à illustration ou accompagnement musical, les films de fiction parlant. Expérimental selon la conception théorique vertovienne, La Symphonie du Donbass est considéré comme le premier film sonore ukrainien, tous genres confondus. Appelé aussi Enthousiasme, ce troisième et dernier documentaire de Dziga Vertov tourné en Ukraine connut en 1931 un succès en Europe occidentale lors du passage de Vertov à Berlin, Hambourg, Breslau, Hanovre, Genève, Bâle, Paris et Londres. Mais une fois de plus le spectateur soviétique ne le suivit pas en raison du caractère expérimental de l’œuvre et sous l’effet défavorable de la critique de son film précédent L’Homme à la caméra. Initialement, dans ce documentaire sur l’industrialisation de la région houillère du Donbass, Vertov devait montrer comment les mineurs avaient voulu et pu atteindre en quatre ans seulement les objectifs que leur fixait le plan quinquennal, mais il s’enthousiasma pour un style lyrique enrichi par l’usage recherché des sons industriels et la musique de Nicolas Timoféiev et Dmitri Chostakovitch. Le son fut enregistré à l’aide de la première station mobile du cinéma sonore conçue par Alexandre Chorine, système encore balbutiant comparé aux techniques américaines ou européennes de l’époque. Le réalisateur et les preneurs de son travaillèrent avec acharnement, au jugé, sans possibilité de vérifier le résultat des enregistrements. Vertov recourut fréquemment aux surimpressions et aux collages aussi bien visuels que sonores. Le résultat fut plus que médiocre. Le réalisateur s’obstinait à user de son outil au maximum et finissait par empêcher toute perception normale de son propos. Lors des projections, il s’occupait lui-même des mises au point sonores, martyrisant les oreilles des spectateurs tant il montait le son des haut-parleurs. Bien que félicité par Charlie Chaplin qui, par sympathie et solidarité, considérait que c’était le meilleur film de l’année, Vertov n’obtint pas le succès escompté. Véritable symphonie du vacarme des machines, avec des enregistrements synchrones de voix humaines tantôt sourdes, tantôt tonitruantes, ce documentaire allait dans le sens du contrepoint sonore qu’inférait la théorie du ciné-œil/ciné-oreille - capter le son sur le vif et le dissocier au minimum de l’image -, mais le résultat fut plus cacophonique que de l’ordre d’une expérimentation avant-gardiste formelle. La bande-image primait sur la bande-son. Opposant l’ancien au nouveau dans un style très proche du reportage, Vertov s’attarda sur les fidèles dans les espaces cultuels qui allaient être désacralisés et repris par les activistes communistes. La séquence de la démolition du bulbe de l’église et son remplacement par l’étoile rouge est en son genre un spectacle visuel rarement égalé. La caméra chancelle face à des titubants ivrognes. Interactive, elle se faufile dans les fanfares militaires, les défilés du komsomol, mais reste contemplative, en contre-plongée frontale, face au secrétaire général du PCU Stanislav Kossior, l’un des futurs responsables du holodomor en Ukraine. De superbes séquences à effet visuel réalisées dans les fonderies rehaussent ce documentaire de commande et de propagande sociale.
Lubomir Hosejko

Sélections dans les festivals :
- L'URSS des cinéastes à la Cinémathèque française. 1917-1945 : deuxième partie, Paris (France), 2017
- Journées cinématographiques dionysiennes, Saint Denis (France), 2011
- Festival international du cinéma contemporain «Zavtra / 2morrow», Moscou (Russie), 2011
- Mois du documentaire, Différentes villes (France), 2010
- Journées du cinéma russe à Orléans, Orléans (France), 2010
- Festival du film de Sarlat, Sarlat (France), 2009
- Mois du cinéma documentaire, Lyon (France), 2008
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2008
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005

Images et vidéos
 




 


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