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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Réalisateur,
Scénariste,
Acteur
 
Né en 1884, Russie
 
Décédé en 1956

Alexandre DOVJENKO

Александр Петрович ДОВЖЕНКО
Alexander DOVZHENKO

Extrait de la filmographie
 
Réalisateur
1951 - Adieu, Amérique (Прощай, Америка!) [73 mn]
1948 - Mitchourine (Мичурин) [fiction, 100 mn]
1945 - La Victoire en Ukraine (Победа на правобережной Украйне) [documentaire, 73 mn]
1945 - Pays natal (Страна родная) [documentaire, 58 mn]
1943 - La Bataille pour notre Ukraine soviétique (Битва за нашу советскую Украйну) [documentaire, 72 mn]
1940 - La Libération (Освобождение) [documentaire, 61 mn]
1939 - Chtchors (Щорс) [fiction, 118 mn]
1935 - Aerograd (Аэроград) [fiction, 82 mn]
1932 - Ivan (Иван) [fiction, 102 mn]
1930 - La Terre (Земля) [fiction, 89 mn]
1928 - Arsenal (Арсенал) [fiction, 93 mn]
1927 - Zvenigora (Звенигора) [fiction, 65 mn]
1927 - La Sacoche du courrier diplomatique (Сумка дипкурьера) [fiction, 71 mn]
1926 - Petit fruit de l’amour (Ягодка любви) [fiction, 20 mn]
1926 - Vassia le Réformateur (Вася-реформатор)
 
Scénariste
1969 - Les Portes d’or (Золотые ворота) de Youlia SOLNTSEVA [fiction, 80 mn]
1967 - L'Inoubliable (Незабываемое) de Youlia SOLNTSEVA [fiction, 93 mn]
1964 - La Desna enchantée (Зачарованная Десна) de Youlia SOLNTSEVA [fiction, 101 mn]
1960 - Récits des années de feu (Повесть пламенных лет) de Youlia SOLNTSEVA [fiction, 105 mn]
1958 - Le Poème à la mer (Поэма о море) de Youlia SOLNTSEVA [fiction, 110 mn]
1948 - Mitchourine (Мичурин) de Alexandre DOVJENKO , Youlia SOLNTSEVA [fiction, 100 mn]
1940 - La Libération (Освобождение) de Alexandre DOVJENKO , Youlia SOLNTSEVA [documentaire, 61 mn]
1939 - Chtchors (Щорс) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 118 mn]
1935 - Aerograd (Аэроград) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 82 mn]
1932 - Ivan (Иван) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 102 mn]
1930 - La Terre (Земля) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 89 mn]
1928 - Arsenal (Арсенал) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 93 mn]
1927 - La Sacoche du courrier diplomatique (Сумка дипкурьера) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 71 mn]
1926 - Petit fruit de l’amour (Ягодка любви) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 20 mn]
 
Acteur
1927 - La Sacoche du courrier diplomatique (Сумка дипкурьера) de Alexandre DOVJENKO [fiction, 71 mn]

Auteur :

Prix et récompenses :
Ivan :
Prix au Festival de Venise, 1934
Chtchors :
Prix Staline de degré I
Mitchourine :
Prix Staline (rang II), 1949

Biographie
Alexandre Dovjenko est né en Ukraine dans une famille paysanne pauvre, illettrée, mais non serve, et douée d’une riche humanité. Son œuvre est d’ailleurs inséparable de ses origines : son père et son grand-père seront les modèles des personnages principaux de ses films, et la terre natale la source de son inspiration poétique et épique .
D’abord instituteur, il fait ensuite des études de commerce à Kiev. De 1918 à 1920, il participe à la guerre civile dans la division « Chtchors ».
Sous le gouvernement bolchevique il devient commissaire à l’Enseignement, aux Beaux-Arts et au Théâtre, puis, en 1921, diplomate à Varsovie, Munich et à Berlin, où il suit les cours du peintre expressionniste Erik Hekkel. De 1923 à 1926, de retour à Kharkov, il se consacre à la peinture, à l’illustration et à la caricature. Il se tourne alors vers le cinéma, qui lui semble le seul mode d’expression visuel de l’avenir, et entre aux studios du VUFKU à Odessa. Sa première œuvre, en 1926, Le Petit Fruit de l’amour est un court-métrage comique. En 1927, il réalise La sacoche du courrier diplomatique , récit d’espionnage qui apparente son film au genre policier. En 1927 aussi, il tourne sa première grande œuvre, Zvenigora, où il révèle la force de son talent lyrique et épique : c’est en douze chants l’évocation de l’histoire prestigieuse de l’Ukraine. En 1928 ; il épouse l’actrice Youlia Solntseva, qui devient son indispensable collaboratrice (elle réalisera entre 1958 et 1965, après la mort de Dovjenko, les films qu’il n’avait pu achever). Il réalise encore deux chefs-d’œuvre du muet, Arsenal (1929), qu’on a comparé à Octobre d’Eisenstein, et La Terre (1930), véritable poème épique et lyrique, célébrant l’accord de l’homme et de la nature, et réflexion philosophique sur la mort, condition de la plénitude de la vie. Son talent étant en parfait accord avec les exigences de son époque, il réalise des chefs d’œuvre de l’art soviétique : Ivan (1932) et Aerograd (1935) sont des hymnes à l’avenir radieux, qui prennent cependant en compte la souffrance des mutations qu’implique l’édification du socialisme. Chchors, en 1939, est considéré comme le chef d’œuvre du réalisme-socialiste stalinien. Cependant, les difficultés auxquelles il se heurte pour le réaliser, l’amènent, pendant la guerre, à se détourner du cinéma : il fait du journalisme et réalise des documentaires de guerre. Mais, en 1943, le scénario d’Ukraine en flammes lui vaut des accusations de défaitisme et de nationalisme et il est frappé d’ostracisme jusqu’à la mort de Staline en 1954. Il se consacre alors à l’enseignement et à l’écriture : La Desna enchantée (1964), récit autobiographique révèlera ses dons d’écrivain et la source poétique de son inspiration. En 1956, soutenu par Khroutchev, Dovjenko prépare le tournage d’un nouveau film, Le Poème de la mer. Mais, avant le début du tournage, il meurt d’un infarctus. C’est son épouse, qui, avec une fidélité scrupuleuse, réalisera le film.
 

Commentaires et bibliographie
- Entre la chambre à coucher et le chantier Trois DVD soviétiques des années trente. Éditions Montparnasse. , Emile BRETON, 2009, humanite.fr
- Les origines du cinéma soviétique : un regard neuf , Myriam TSIKOUNAS, 1992, Cerf
- Alexandre Dovjenko , Barthélémy AMENGUAL, 1970, Seghers, Paris
- Dovjenko , Luda SCHNITZER, , Jean SCHNITZER, 1965, Anthologie du Cinéma
 
Nous citons ci-dessous deux extraits de l’œuvre autobiographique d’Alexandre Dovjenko, révélateurs de la richesse de sa personnalité et de son amour de la terre natale.

En décembre 1939, il évoque sa carrière. Il y compare et oppose son expérience de cinéaste à celle des jeunes réalisateurs « tout étincelants d’une culture apparente », et « pitoyablement impuissants lorsque la baguette du cinéaste passait entre leurs mains » :
« Je dois dire que cela ne m’est pas arrivé, poursuit-il, encore que j’aie le travail très pénible. Voici seize ans que je tiens cette baguette et, malgré cela, au début de chaque film, il me semble que je ne sais absolument rien faire. Je n’ai jamais été un poltron dans mon art, mais l’appréhension en abordant le travail, l’inquiétude constante sont en moi et ne me quitteront pas aussi longtemps que je vivrai. La création est multiforme et illimitée comme est illimitée et multiforme la vie de notre grande société socialiste dans son développement victorieux. Et aucun talent, aucun génie ne peut rien réaliser dans l’art sans être soutenu par la connaissance, le savoir. Non seulement la connaissance de la spécificité de son art, mais d’abord et essentiellement la connaissance de la vie. Le cinéma exige une assiduité au travail énorme- pas uniquement pendant le tournage, mais durant tout le processu mental de l’élaboration du film. Le cinéma- c’est un art de possédés. »
(A.Dovjenko Autobiogaphie, 1939)

Dans La Desna enchantée, A.Dovjenko se rappelle le bonheur de son enfance à la campage, dont il énumère les bruits, la musique, en particulier celle de la faux :
« Encore aujourd’hui, il me semble que si quelqu’un se mettait à battre une faux sous ma fenêtre, je redeviendrais aussitôt plus jeune, plus indulgent, meilleur et je me lancerais dans le travail. Dès mes premières années, le son haut et pur de la faux me prédisait joie et plaisir. …Jusqu’à présent, en fermant les yeux, je ne connais pas l’obscurité. Maintenant encore, mon cerveau éclaire d’une lueur vive et continue le visible et l’invisible qui défile en une suite d’images innombrables, parfois désordonnées. Les images voguent au-dessus du Danube, au-dessus de la Desna. Les nuages dans le ciel volent capricieusement et librement ; ils nagent dans les vastes espaces bleus et s’affrontent en tant de combats et de duels que si je pouvais en saisir seulement une faible partie pour la placer dans la claire rangée de livres ou de films, je n’aurais pas vécu en vain au monde et je n’aurais pas, en vain, chagriné mes supérieurs. »
( A.Dovjenko, La Desna enchantée)
 
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