Kaï HANSEN
Кай ГАНЗЕН
Kai HANSEN
Yakov PROTAZANOV
Яков ПРОТАЗАНОВ
Yakov PROTAZANOV
Russie, 1913, 33mn 
fiction
La Petite Geisha

L'amour d'une Japonaise

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Любовь японки

 

 The Love of a Japanese Woman

 Lyubov yaponki

Autres titres : Больше не надо ни песен, ни слез
 
Réalisation : Kaï HANSEN (Кай ГАНЗЕН), Yakov PROTAZANOV (Яков ПРОТАЗАНОВ)
Scénario : Sergueï GARIN (Сергей ГАРИН)
 
Interprétation
Aleksandr ROUDNITSKI (Александр РУДНИЦКИЙ) ...Orlov (prisonnier russe)
Elena SMIRNOVA (Елена СМИРНОВА) ...Rayskaya
 
Images : Aleksandr LEVITSKI (Александр ЛЕВИТСКИЙ), George MEYER (Жорж МЕЙЕР)
Décors : Tcheslav SABINSKI (Чеслав САБИНСКИЙ)
Autres personnes :
Cast : Ōta HISA (Madame HANAKO) ...Japanese nurse
Production : Pathé
 

Synopsis
Le blessé russe Orloff, soigné dans un hôpital japonais, est veillé avec dévouement par l’infirmière volontaire Hanako. Dans le décor mièvre et maniéré des choses de là-bas, Hanako, petite et parée comme une poupée japonaise, lui paraît charmante. Il s’éprend d’elle et lui offre son nom. Sur le refus du père d’Hanako, le lieutenant Orloff enlève la petite geisha et la ramène à Moscou. À Moscou, la lune de miel dure quelques semaines, puis Orloff s’ennuie, revoit ses amis de jadis. On fête joyeusement son retour. Hanako, pour faire honneur aux invités d’Orloff, mime une danse de son pays. La belle Rayskaya, jalouse du succès de la petite geisha, cherche à l’humilier et, par une danse lascive, provoque le lieutenant. Loin de son pays natal, la petite Hanako ne semble plus si jolie au volage Orloff qui lui préfère maintenant la belle Rayskaya. Hanako, résolue à se défendre, se rend chez sa rivale et la supplie humblement de ne pas troubler son bonheur. Mais Rayskaya raille la pauvre geisha et l’instinct violent de sa race qui sommeille dans l’âme de Hanako, se réveille sous l’insulte. Versée dans l’art du jiu-jitsu, elle a vite raison de la cruelle Rayskaya et se prépare à lui plonger un couteau entre les épaules, lorsque la main d’Orloff arrête son geste. Pour punir Hanako, Orloff ne cache plus devant elle son caprice pour Rayskaya. Incapable de surmonter sa douleur, la petite geisha préfère mourir. Tandis que, dans la pièce voisine, Rayskaya rit dans les bras d’Orloff, Hanako se coupe une veine et meurt. Soudain, Rayskaya, qui a installé un thé à la manière japonaise, sur des tapis, pour se moquer de sa rivale, pose sa main dans une flaque de sang. Orloff, épouvanté, ouvre la porte et découvre, baignant dans son sang, la pauvre petite geisha qui, dans son corps de poupée, possédait un coeur de femme capable d’aimer et desouffrir.
Source : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
 

Commentaires et bibliographie
 
Une restauration de ce film a été réalisée en 2021 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et La Cinémathèque française d’après le négatif original incomplet Pathé. Aucun autre élément connu à ce jour n’a permis de compléter le film. Le montage et les intertitres ont été reconstitués d’après les informations de la pellicule, les documents scénaristiques Pathé conservés à la Bibliothèque nationale de France et sur le modèle de copies d’époque produites par Le Film Russe conservées à la Cinémathèque française et au CNC. Les travaux 4K ont été réalisés par L’Image Retrouvée, Paris-Bologne.

"Ces deux films [La Petite geisha et L'Honneur d'une Japonaise] constituent les seuls témoignages du jeu de la danseuse et comédienne Ohta Hisa, connue sous le nom d’Hanako, dont peu de photographies subsistent par ailleurs. L’engouement pour la Japonaise est plus ancien que la réalisation des films. « She is like a kitten, whose every movement is a success”, soulignait le New York Time du 27 octobre 1907. Elle fut d’abord remarquée par Loïe Fuller qui établit pour elle un répertoire de pièces « avec suicide ». Les journaux européens et américains, notamment français quand elle jouait La Martyre au Théâtre Moderne à Paris, décrivent ses scènes de hara-kiri, ainsi que l’expressivité de son visage jouant l’amour et la jalousie. Alors que l’Europe découvrait le théâtre kabuki, le style d’Hanako fascina une première fois la France en 1906 (Rodin, qui la rencontra alors à Marseille, en fit un modèle) et elle y revint pour une tournée dans les années 10. Son amitié avec l’épouse d’Albert Carré, directeur de l’Opéra-Comique et cousin de Michel Carré, réalisateur à la SCAGL, lui offrit la possibilité de donner plusieurs performances de Madame Butterfly, qui a pu inspirer l’adaptation de La Petite Geisha à l’écran. A Moscou en 1912-1913, elle se produit devant les élèves du Théâtre d’Art et son jeu raffiné suscite les éloges de Nicolaï Evreinov et de Vsevolod Meyerhold. Quant à l’appellation Le Film russe, déposée en 1910, elle marque la transformation de la succursale moscovite de Pathé en une production locale, dotée d’un studio. Cette mutation permet le lancement de jeunes réalisateurs. Peter Bagrov et Anna Kovalova ont ainsi récemment démontré que les deux films avec Hanako ont vraisemblablement été réalisés par Yakov Protazanov plutôt que par Kaï Hansen." Stéphanie Salmon
– Stéphanie Salmon, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Sélections dans les festivals :
- Journées du cinéma muet de Pordenone, Pordenone (Italie), 2021

Images et vidéos
 

Hisa Ōta, presumably at the Ronacher in Vienna, 1908-04-04