Yakov PROTAZANOV
Яков ПРОТАЗАНОВ
Yakov PROTAZANOV
Russie, 1914, 18mn 
fiction
L'Honneur d'une Japonaise

Vaut mieux mourir que de perdre l’honneur

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Лучше смерть, чем бесчестье

 

 Better Death than Dishonour

 Luchshe smert, chem beschestie

 
Réalisation : Yakov PROTAZANOV (Яков ПРОТАЗАНОВ)
Scénario : Sergueï GARIN (Сергей ГАРИН)
D'après la pièce « Ki-Musume » (La jeune fille) d'Ikuta Kizan
Images : Aleksandr LEVITSKI (Александр ЛЕВИТСКИЙ)
Décors : Tcheslav SABINSKI (Чеслав САБИНСКИЙ)
Autres personnes :
Cast : Ōta HISA (Madame HANAKO) ...Akiki
Production : Pathé
 

Synopsis
Le prince Sataké charge sa servante Akiki de porter à son frère, le prince Tessan, un lot de précieuses assiettes.En chemin, la servante est obsédée par les assiduités de Tchouta, domestique du prince Tessan. Par bonheur, son fiancé arrive à temps pour mettre fin aux insolences de l’importun. Mais Tchouta est vindicatif. Pour se venger d’Akiki, il lui subtilise adroitement deux des assiettes qu’elle a mission de porter. Arrivée auprès du prince, Akiki s’aperçoit avec stupeur de la disparition des deux porcelaines. Accusée de vol par le prince Tessan, elle ne parvient pas à le persuader de sa bonne foi. Elle pense que la mort seule peut sauver son honneur, et la pauvre Akiki, après avoir écrit à son fiancé une lettre où elle proteste de son innocence, se tranche la carotide. Samney, averti par un marchand témoin du vol de Tchouta, arrive trop tard pour sauver sa fiancée, qui meurt dans ses bras.
 

Commentaires et bibliographie
 
Une restauration de ce film a été réalisée en 2021 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et La Cinémathèque française d’après le négatif original incomplet Pathé. Aucun autre élément connu à ce jour n’a permis de compléter le film. Le montage et les intertitres ont été reconstitués d’après les informations de la pellicule, les documents scénaristiques Pathé conservés à la Bibliothèque nationale de France et sur le modèle de copies d’époque produites par Le Film Russe conservées à la Cinémathèque française et au CNC. Les travaux 4K ont été réalisés par L’Image Retrouvée, Paris-Bologne.

"Ces deux films [La Petite geisha et L'Honneur d'une Japonaise] constituent les seuls témoignages du jeu de la danseuse et comédienne Ohta Hisa, connue sous le nom d’Hanako, dont peu de photographies subsistent par ailleurs. L’engouement pour la Japonaise est plus ancien que la réalisation des films. « She is like a kitten, whose every movement is a success”, soulignait le New York Time du 27 octobre 1907. Elle fut d’abord remarquée par Loïe Fuller qui établit pour elle un répertoire de pièces « avec suicide ». Les journaux européens et américains, notamment français quand elle jouait La Martyre au Théâtre Moderne à Paris, décrivent ses scènes de hara-kiri, ainsi que l’expressivité de son visage jouant l’amour et la jalousie. Alors que l’Europe découvrait le théâtre kabuki, le style d’Hanako fascina une première fois la France en 1906 (Rodin, qui la rencontra alors à Marseille, en fit un modèle) et elle y revint pour une tournée dans les années 10. Son amitié avec l’épouse d’Albert Carré, directeur de l’Opéra-Comique et cousin de Michel Carré, réalisateur à la SCAGL, lui offrit la possibilité de donner plusieurs performances de Madame Butterfly, qui a pu inspirer l’adaptation de La Petite Geisha à l’écran. A Moscou en 1912-1913, elle se produit devant les élèves du Théâtre d’Art et son jeu raffiné suscite les éloges de Nicolaï Evreinov et de Vsevolod Meyerhold. Quant à l’appellation Le Film russe, déposée en 1910, elle marque la transformation de la succursale moscovite de Pathé en une production locale, dotée d’un studio. Cette mutation permet le lancement de jeunes réalisateurs. Peter Bagrov et Anna Kovalova ont ainsi récemment démontré que les deux films avec Hanako ont vraisemblablement été réalisés par Yakov Protazanov plutôt que par Kaï Hansen." Stéphanie Salmon
– Stéphanie Salmon, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Sélections dans les festivals :
- Journées du cinéma muet de Pordenone, Pordenone (Italie), 2021

Images et vidéos
 

Hisa Ōta, presumably at the Ronacher in Vienna, 1908-04-04