Esfir CHOUB
Эсфирь ШУБ
Esfir SHUB
URSS, 1932, 55mn 
Noir et blanc, parlant, documentaire
Komsomol - chef de l'électrification
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КШЭ / Комсомол – шеф электрификации

 

 Komsomol: Patron of Electrification

 KSHE / Komsomolya - shef elektrifikatsii

 
Réalisation : Esfir CHOUB (Эсфирь ШУБ)
Scénario : Esfir CHOUB (Эсфирь ШУБ)
Musique : Gavriil POPOV (Гавриил ПОПОВ)
Montage : Esfir CHOUB (Эсфирь ШУБ)
Production : Mosfilm
 

Synopsis
Chronique de l'électrification en URSS. Parmi les premiers films sonores.

Ce film (Mosfilm, 1930), premier documentaire sonore soviétique (utilisant le système Chorine) avant Enthousiasme [Энтузиазм : Симфония Донбаса] de Dziga Vertov (Vukfu, 1931) parcourt toutes les possibilités d’utilisation du son à partir du thème de l'électrification :
a) de la musique, concert avec un thérémine, instrument électronique où le son est produit par un signal électrique, l’instrumentiste faisant varier le volume et la hauteur de la note sans toucher l’appareil mais en frôlant une antenne, à distance, de sa main, et aussi, chant et chœur accompagnés à l’accordéon
b) du téléphone
c) de la radio
d) d’orateurs au micro, dans une cabine ou en plein air
e) de sons industriels enregistrés en direct dans une usine de turbines électriques.
Le film montre régulièrement les appareils d’enregistrement du son (alors directement sur pellicule 35mm) et les techniciens qui travaillent en regardant dans un oculaire les intensités sonores traduites par impulsions électriques sur la pellicule de manière analogique ; il juxtapose des images des différents praticiens des appareils (opératrices de centraux téléphoniques, ingénieurs, etc.) et joue enfin sur les différentes langues utilisées par les orateurs lors de l’inauguration d’un barrage en Arménie (traduction du discours en plein air de l’ingénieur en chef aux ouvriers arméniens) puis sur le Dniepr (traduction du discours d’un ingénieur américain adressé aux ouvriers du barrage).
Le film, en outre, met en évidence le rôle de la stimulation idéologique de la jeunesse communiste (Komsomols) pour accélérer la production des pièces métallurgiques nécessaires à la mise en marche de ces barrages et il filme des discours autocritiques de certains responsables qui ne sont pas parvenus à stimuler suffisamment les ouvriers pour tenir les délais et les dépasser.
Ce film participe, comme les 40 cœurs de Lev Kouléchov (Сорок сердец, 1930), à l’exaltation du plan d’électrification du pays nécessaire à son essor industriel et symbole, également, de la modernité du communisme lancé en 1920 avec le plan GOELRO/план ГОЭЛРО [Commission d’Etat pour l’électrification de la Russie] en 1920 (Cf. la formule de Lénine « le communisme c’est le pouvoir des soviets plus l’électrification » [« Notre situation extérieure et les tâches du Parti », Œuvres complètes en français, tome 31, Paris-Moscou, Editions Sociales/Editions du Progrès) qui avait pour but de mettre un terme à la division entre ville et campagne, rendre possible le développement de l'instruction de la province et l'éradication de l'ignorance, de la pauvreté, de la maladie et de la barbarie des régions les plus reculées). François Albera
 

Sélections dans les festivals :
- Pionnières du cinéma soviétique à la Cinémathèque française, Paris (France), 2020
- Intégrale Sergueï Loznitsa au Centre Pompidou et carte blanche au réalisateur, Paris (France), 2020
- Festival 'Il Cinema Ritrovato', Bologne (Italie), 2020
- L'URSS des cinéastes à la Cinémathèque française. 1917-1945 : première partie, Paris (France), 2017