Mikhaïl ROMM
Михаил РОММ
Mikhail ROMM
URSS, 1965, 138mn 
Noir et blanc, documentaire
Le Fascisme ordinaire
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Обыкновенный фашизм

 

 Ordinary Fascism

 Obyknovyennyy fashizm

 
Réalisation : Mikhaïl ROMM (Михаил РОММ)
Scénario : Youri KHANIOUTINE (Юрий ХАНЮТИН), Mikhaïl ROMM (Михаил РОММ), Maïa TOUROVSKAIA (Майя ТУРОВСКАЯ)
 
Interprétation
Mikhaïl ROMM (Михаил РОММ) ... Lecteur et auteur du commentaire
 
Images : Guerman LAVROV (Герман ЛАВРОВ)
Musique : Alemdar KARAMANOV (Алемдар КАРАМАНОВ)
Ingénieur du son : Sergueï MINERVINE (Сергей МИНЕРВИН), Boris VENGUEROVSKI (Борис ВЕНГЕРОВСКИЙ)
Montage : Valentina KOULAGUINA (Валентина КУЛАГИНА)
Production : Mosfilm
Date de sortie en Russie : 12/1965
 

Prix et récompenses :
Prix spécial et prix de la critique au Festival international du film de Leipzig, 1965

A noter :
La co-scénariste Maïa Tourovskaïa a publié le livre Fascisme ordinaire collection : Shedevry sovetskogo kino, éditions Seans, 2006.

Synopsis
A partir d’une grande quantité d’archives cinématographiques d’origines diverses (russes, allemandes, polonaises etc.), Mikhaïl ROMM a effectué un montage entrecoupé de quelques scènes réalisées à Moscou en 1965 qui vise à analyser quelle était la nature du fascisme « ordinaire » dans l’Allemagne hitlérienne. Le film est organisé en seize chapitres et les images sont commentées par le réalisateur lui-même.
 

Commentaires et bibliographie
Comment Mikhaïl Romm, réalisateur d’un film sur Lénine, a déconstruit le nazisme, Valeria PAÏKOVA, RUSSIA BEYOND, 2021
RUSSIA BEYOND : Cinq films soviétiques qui ont montré la Seconde Guerre mondiale sous un jour nouveau, Valeria PAÏKOVA, RUSSIA BEYOND, 2021
Ordinary Fascism (1965)_Eng subs. Film de Mikhaïl Romm, Archive.org, 2019
Обыкновенный фашизм, Youri KHANIOUTINE, Mikhaïl ROMM, Maïa TOUROVSKAIA, Seans, collection : Shedevry sovetskogo kino, 2006
 
« … Romm y a intercalé des scènes tournées en 1965 — date de la réalisation du film — et par lesquelles il a cherché un contraste brutal, trop brutal, entre le présent et le passé, la vie et la mort, le bien et le mal, les tragédies d'une époque et la réalité d'un bonheur possible aujourd'hui. Il montre, par exemple, des enfants « beaux et bons » (ce sont ses propres termes) qui jouent, chantent et dessinent; il montre également dans quelles conditions ont été assassinés des enfants et, finalement, à de jeunes visages heureux ou rieurs, il oppose, par association d'idées, ceux de déportés.
Cet exemple indique assez bien la méthode adoptée par l'auteur. Il entend non pas suivre, et c'est sûrement un tort, la cohérence historique, mais exprimer essentiellement ce que lui inspire le phénomène de l'hitlérisme, le culte de la personnalité — les Soviétiques ont vu là des allusions précises — et ce qu'il pense de la permanence d'un fascisme renaissant, vingt ans plus tard, dans divers pays. … »
Yvonne Baby (Le Monde, cité dans Le cinéma russe et soviétique, Centre Pompidou, 1981

« …. La vraie surprise, c'est à Romm qu'on la doit avec Le fascisme ordinaire, c'est-à-dire quotidien, routinier, quasiment banalisé dans la conscience allemande sous le règne d'Hitler. Le réalisateur commente lui-même les images d'archives de sa voix grave et chaude, mêlant volontiers l'ironie et la familiarité à sa réflexion : « Nous nous sommes efforcés de réaliser un film-méditation, un film qui invite le spectateur à réfléchir. Qu'est-ce qu'un homme ? En quoi consiste sa responsabilité envers son temps, son époque ? Ce que l'on peut faire d'un être humain, en quoi on peut le transformer et pour quoi il vit sur la terre. Car l'homme naît bon et tous les enfants sont bons. Le film commence par des enfants et finit par des enfants »
Mais Buttafava apporte un point de vue qui mérite réflexion quand il écrit qu'« au-delà du texte (images et commentaire) agit un formidable sous-texte » qui est ce qu'on pourrait appeler « le discours de l'époque » et qui « modifie, dangereusement, les images. C'est un film à risque. Le parallèle entre le règne d'Hitler (visible) et le règne de Staline (invisible) apparaît irrésistiblement en de nombreux points »
Marcel Martin, Le cinéma soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev, L’Age d’Homme, 1993.

Sélections dans les festivals :
- Quinzaine du cinéma russe à Strasbourg, Strasbourg (France), 2017
- Festival de cinéma russe au Toursky à Marseille, Marseille (France), 2016
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2014
- Destination Russie à Hyères, Hyères (France), 2010
- Mois du documentaire, Différentes villes (France), 2010
- Ciné-Forum international de Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg (Russie), 2010

Images et vidéos
 
Film avec sous-titres anglais