Galina DOLMATOVSKAIA
Галина ДОЛМАТОВСКАЯ
Galina DOLMATOVSKAYA
Russie, 2007, 66mn 
Couleur, documentaire
Sans entracte
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Без антракта

 

 No intermission

 Bez antrakta

 
Réalisation : Galina DOLMATOVSKAIA (Галина ДОЛМАТОВСКАЯ)
Scénario : Galina DOLMATOVSKAIA (Галина ДОЛМАТОВСКАЯ)
Images : Igor MORDMILLOVITCH (Игорь МОРДМИЛЛОВИЧ), Irina OURALSKAIA (Ирина УРАЛЬСКАЯ), Anatoli PETRIGA (Анатолий ПЕТРИГА)
Ingénieur du son : Nikolaï OUSTIMENKO (Николай УСТИМЕНКО)
Montage : Tatiana NAIDENOVA (Татьяна НАЙДЕНОВА)
Produit par : Galina DOLMATOVSKAIA (Галина ДОЛМАТОВСКАЯ)
 
format : 35 mm

A noter :
La chanson Je suis libre (Я свободен) de V. Kipelov et S. Chnorov est interprétée par S. Chnourov et le groupe "Léningrad"

Ont participé à ce film :
Ingénieurs du son : Victor BROUSS
Montage vidéo : Tatiana MARTYNTSEVA ; Vladimir ROBINOV
Rédacteur musical :Anna KORNIENKO
Effets spéciaux :Victor XENOFONTOV

Ont également participé :
Au Canada : A Magadan : Vladimir BARLIAEV, Valentina MARTYNOVA ; Vlad POLIAKOV; Larissa

Synopsis
Anna Varpakhovskaïa actrice et metteur en scène a créé, avec son demi-frère Ziskine, un théâtre russe à Montréal qui porte le nom de son père, l'homme de théâtre Leonid Varpakhovski. Elle raconte dans ce film, où alternent photos souvenirs, images d’archives et extraits de spectacles, à la fois la vie tragique de son père et les initiatives qu’elle a prises pour en perpétuer la mémoire.

Né en 1908 à Moscou, Leonid Varpakhovski, après des études artistiques et littéraires, travaille de 1933 à 1935 à Moscou dans le théâtre de Meyerhold, pour lequel il aura toute sa vie respect et admiration. En 1936, il est arrêté pour « activité contre-révolutionnaire » et condamné à 4 ans d’exil au Kazakhstan où il travaillera comme metteur en scène à Alma-Ata. En 1940, après une nouvelle arrestation, il est condamné à un exil de dix ans dans le « grand nord ». Avec d’autres artistes également prisonniers du Goulag, il va monter avec beaucoup de succès au théâtre de Magadan une vingtaine de spectacles. Tombé amoureux d’une cantatrice également prisonnière de la Kolyma, I. Ziskine, il l’épouse et c’est de cette union que naît leur fille Anna Varpakhovskaïa. A sa « libération » la plupart des grandes villes lui sont interdites, il décide de rester à Oust-Otchoug non loin de Magadan où il continue de travailler. Il y invitera le fils qu’il a eu avec sa première femme « disparue dans le Goulag » et qu’il n’avait pas vu depuis quinze ans. De son coté, I. Ziskine avait aussi perdu son mari, arrêté comme elle, et dont elle avait eu un fils. Ce sont donc deux veufs dont les conjoints ont péri dans le goulag qui s’épousent.

De 1953 à 1956 il travaille à Tbilissi. En 1956 il est officiellement réhabilité et devient en 1957 directeur du théâtre Ermolova de Moscou. Un conflit avec le collectif l’amène à devenir metteur en scène indépendant, c’est-à-dire invité par des théâtres différents mais jamais attaché à un théâtre en particulier. Il mettra toute son énergie à défendre des pièces : « Les journées des Tourbine » de Boulgakov, par exemple. Sa rencontre avec le décorateur David Borovski jouera également un grand rôle. En 1962, il découvre en consultant les archives de son maître Meyerhold que celui-ci, le 15 novembre 1935, l’a décrit comme élément privilégiant ses intérêts personnels au détriment de ceux de la société. Cette réponse à une enquête militaire n’a pas empêché Meyerhold d’être lui-même arrêté et exécuté en 1940. Varpakhovski ne révèlera pas sa découverte et continuera à vénérer son maître Meyerhold. Néanmoins pendant les dernières années de sa vie, rattrapé par le poids des épreuves subies, il sera atteint d’une profonde dépression. Il meurt en 1976 à l'âge de 67 ans.

A travers le récit de ce destin tragique c’est quarante ans d’histoire de l’Union soviétique, et plus particulièrement de ses artistes, qui sont évoqués avec beaucoup d’émotion. Anna Varpakhovskaïa apparaît, comme son père et tant d’autres, portée par l’amour du théâtre et de l’art en général, un amour que les aléas de l’histoire peuvent gravement menacer et contrarier mais pas définitivement vaincre.
 

Commentaires et bibliographie
 

En URSS, la vie était partout, même en prison. Et, paradoxe, un théâtre à Magadan - haut lieu du bagne dans le nord-est de la Sibérie - réunit la fine fleur des metteurs en scène, acteurs, décorateurs, à faire pâlir la capitale Moscou elle-même. L’envers du décor, en somme… Grâce à ce film s’entremêlent la grande et la petite histoire où même les grands noms (Meyerhold) ne sont pas exempts de petitesse. Mais qui ne dénonçait pas à l’époque… On y voit aussi l’histoire du théâtre russe et de ses écoles : l’avant-garde de Meyerhold, le MKHAT classique, les enjeux du Dégel et les démêlés avec la censure quand une pièce est autorisée à Moscou mais interdite à Kiev par les satrapes locaux. On apprend aussi l’exil de comédiens en vue après l’éclatement de l’URSS et leur nouvelle vie sur le continent américain.
Un film complexe car il brasse les époques et les lieux avec un récit éclaté où la chronologie fait d’incessants allers et retours entre le présent et le passé. Bref, une mine de renseignements et de réflexions.
Françoise Navailh, historienne du cinéma, adaptatrice du film en français.

Sélections dans les festivals :
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2014
- Festival de cinéma russe ''Une fenêtre sur l'Europe'', Vyborg (Russie), 2008
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2007

Images et vidéos