Friedrich ERMLER
Фридрих ЭРМЛЕР
Friedrich ERMLER
URSS, 1927, 75mn 
Noir et blanc, muet, fiction
Le Cordonnier de Paris
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Парижский сапожник

 

 Paris Shoemaker

 Parizhskiy sapozhnik

 
Réalisation : Friedrich ERMLER (Фридрих ЭРМЛЕР)
Scénario : Boris LEONIDOV (Борис ЛЕОНИДОВ), Nikolaï NIKITINE (Николай НИКИТИН)
 
Interprétation
Veronika BOUJINSKAIA (Вероника БУЖИНСКАЯ) ...Katia
Yakov GOUDKINE (Яков ГУДКИН) ...Motka Toundel, un hooligan
Varvara MIASNIKOVA (Варвара МЯСНИКОВА) ...Olga
Fiodor NIKITINE (Федор НИКИТИН) ...Kirik, sourd-muet
Valeri SOLOVTSOV (Валерий СОЛОВЦОВ) ...Andreï
Bella TCHERNOVA (Белла ЧЕРНОВА) ...Vera
 
Images : Gleb BOUCHTOUEV (Глеб БУШТУЕВ), Evgueni MIKHAILOV (Евгений МИХАЙЛОВ)
Production : Lensovkino
Date de sortie en Russie : 07/11/1928
 

Synopsis
Une ville de province à l’époque de la NEP. Katia, jeune ouvrière de l’atelier de filature de coton et Andreï vivent au grand jour leur amour, sans souci des ragots provinciaux. Mais Katia tombe enceinte et Andreï refuse d’assumer ses responsabilités de père, qu’il trouve indignes de lui. Ses « copains », paresseux et chahuteurs, le persuadent de contraindre Katia à céder à leurs avances pour lui permettre de nier sa paternité. Katia refuse, écoeurée, mais la rumeur court dans la ville de son indignité et son père la chasse. Elle est soutenue par les komsomols de l’atelier, mais c’est Kirik, le cordonnier sourd-muet, surnommé « le parisien », qui lui rendra son honneur : amoureux de la jeune fille, il prouvera, dans son langage, fait de gestes et de mimiques, l’innocence de la jeune fille. Katia retrouve la confiance des siens et Andreï est exclu du rang des komsomols.
 

Commentaires et bibliographie
Les origines du cinéma soviétique : un regard neuf, Myriam TSIKOUNAS, Cerf, 1992
 
Il faut faire de telle sorte que les masses voient le Cordonnier de Paris. Il faut qu’il soit l’objet de discussions, d’analyses, il faut étudier ces problèmes, les développer, les approfondir. Ce film est magnifique. (…)
Le travail de l’opérateur est presque irréprochable. Les jeunes acteurs jouent admirablement : le portrait du sourd-muet, Kirik, est vraiment remarquable ; on sent tous les personnages comme s’ils vivaient là, à côté de nous. Et tout cela se fond dans la construction audacieuse et significative du réalisateur. La scène du développement de la calomnie est étonnante. La scène de l’interrogatoire de Kirik, de laquelle un autre opérateur aurait pu faire une obscénité totale, est saisissante. Et cela nous donne le droit de dire que ce qu’on dit « risqué », « osé », « dangereux », « douteux », peut se transformer dans les mains d’un véritable artiste, tel le réalisateur communiste Ermler, en armes justement contre cela même.
Deux mains essuient des lunettes. Oui, il faut essuyer les lunettes de beaucoup de gens : il faut savoir la vie. Il faut savoir voir l’être humain dans la vie. Tout ce que nous construisons, c’est pour lui, l’homme de demain, avec tous ses défauts et ses plaies qu’il faut aussi savoir voir, pour les exterminer, les faire disparaître.
A. Bezymenski, Komsomolskaïa Pravda, 24/12/1927 (extrait de Le cinéma russe et soviétique, J-L.Passek, l’Equerre, Centre Georges Pompidou, 1981)

Sélections dans les festivals :
- Zoom arrière. Cinémathèque de Toulouse, Toulouse (France), 2015
- Festival international du film de La Rochelle, La Rochelle (France), 2014
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2003

Images et vidéos