Yakov PROTAZANOV
Яков ПРОТАЗАНОВ
Yakov PROTAZANOV
URSS, 1924, 100mn 
Noir et blanc, muet, fiction
Aelita
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Аэлита

 

 Aelita

 Aelita

 
Réalisation : Yakov PROTAZANOV (Яков ПРОТАЗАНОВ)
Scénario : Alekseï FAIKO (Алексей ФАЙКО), Fiodor OZEP / OTSEP (Федор ОЦЕП)
D'après le roman d'Alexeï Tolstoï
 
Interprétation
Tamara ADELGUEIM (Тамара АДЕЛЬГЕЙМ)
Nikolaï BATALOV (Николай БАТАЛОВ) ...Goussev, soldat de l’Armée Rouge
Konstantin EGGERT (Константин ЭГГЕРТ) ...le père d’Aelita
Igor ILINSKI (Игорь ИЛЬИНСКИЙ) ...Kravsov, le détective
Mikhaïl JAROV (Михаил ЖАРОВ)
Sofia LEVITINA (Софья ЛЕВИТИНА)
Vera ORLOVA (Вера ОРЛОВА) ...Macha, femme de Goussev
Vladimir OURALSKI (Владимир УРАЛЬСКИЙ) ...Soldat
Youlia SOLNTSEVA (Юлия СОЛНЦЕВА) ...Aelita
Iossif TOLTCHANOV (Иосиф ТОЛЧАНОВ) ...L'astronaute martien barbu
Nikolaï TSERETELI (Николай ЦЕРЕТЕЛИ) ...L'ingénieur Los
 
Images : Youri JELIABOUJSKI (Юрий ЖЕЛЯБУЖСКИЙ)
Décors : Sergueï KOZLOVSKI (Сергей КОЗЛОВСКИЙ)
Production : Mejrabpom-Rous (Межрабпом-Русь)
Date de sortie en Russie : 25/09/1924
 
Sites : Page sur Allociné, page IMDb
Date de sortie en France : 1925-10-17, Site
Sortie VOD ou DVD en France : 2011-03-18, Site

DVD avec sous-titres
Editeur : Bach Films
Editeur : Image Entertainment
Editeur : Ruscico. 2000.
Sous-titres : RU EN FR DE ES IT PT NL CS HE AR ZH JP
Bonus :
- Interview de l'historien du cinéma : P. Chepotinnik
- Esquisses de costumes
Editeur : Editions Montparnasse. 2010

Synopsis
L’action se déroule pendant les années difficiles du communisme de guerre. L’ingénieur Los est las de la vie sur Terre et de ses innombrables tracas, c’est avec enthousiasme qu’il construit un appareil destiné à aller jusqu’à la planète Mars. Après une scène de jalousie avec sa femme, il la tue et il s’envole sur Mars accompagné de deux personnes : Goussev, un soldat de l’Armée Rouge démobilisé qui rêve d’exporter la Révolution sur la planète Mars et un détective à la poursuite de Los. Sur Mars, Los est séduit par Aelita, la reine de la planète. Mais Los et ses compagnons sont arrêtés et emprisonnés avec les esclaves. Grâce à l’aide d’Aelita, Goussev réussit à s’enfuir et il organise une révolte des esclaves. Au moment où cette révolte est sur le point de réussir, Aelita trahit ceux qu’elle avait aidés et Los, furieux, se réveille alors dans la gare de Moscou et comprend que ses aventures sur Mars n’étaient qu’un rêve, et qu’il n’avait pas tué sa femme. Il décide de rester définitivement sur la Terre
 

Commentaires et bibliographie
RUSSIA BEYOND : Top 5 des films muets soviétiques, reconnus comme des chefs-d’œuvre du cinéma mondial, Ekaterina SINELCHTCHIKOVA, RUSSIA BEYOND, 2020
Cine concert Aelita, La Cinémathèque de Toulouse, lacinemathequedetoulouse.com, 2012
Aelita de Yakov Protazanov, Paul FLÉCHÈRE, dvdclassik.com, 2009
Science Fiction of the Domestic Iakov Protazanov's Aelita, Andrew HORTON, Central Europe Review, 2000
Les origines du cinéma soviétique : un regard neuf, Myriam TSIKOUNAS, Cerf, 1992
 
Opinion de R .N. Yourenev, dans Essais sur l’histoire du cinéma soviétique et publiée dans Le Cinéma Russe et Soviétique du Centre Georges Pompidou :
Selon Mejrabpom. le problème essentiel posé par Aelita était d'en faire un film à grande mise en scènc pouvant soutenir la concurrence des films étrangers. Mejrapom ne ménagea pas les dépenses. Les plus grands maîtres furent appelés, à commencer par l'écrivain Alexeï Tolstoï (qui d'ailleurs ne participa que très peu à la rédaction du scénario tiré du roman, ayant confié cette tâche au dramaturge A. Faïko et au réalisateur F. Ossep). Pour la mise en scène, le meilleur réalisateur du cinéma prérévolutionnaire, Yakov Protazanov, fut invité et ce dernier choisit un groupe de travail expérimenté et talentueux. Une publicité tapageuse précéda la sortie du film. Sur les pages de la Kinogazetta on vit les mots mystérieux « Anta... Adeli... Outa... » (c'étaient les signaux que le héros du film transmet depuis Mars). Lcs réalisatcurs donnèrcnt des interviews grandiloquentes.
Le succès du film ne répondit pas aux espoirs. Dans la presse parurent des critiques froides, même négatives : « La montagne a accouché d'une souris » écrivaient les Izvestias, considérant que les qualités artistiques du film n'étaient pas à la hauteur de la publicité qui lui avait été faite. Mais les spectateurs vinrent tout de même volontiers voir le film. Égalant le succès des Diablotins rouges par le nombre des spectateurs, Aelita eut un public nombreux, plus nombreux que les films à grand spectacle étrangers. II ne faut pas amoindrir la valeur artistique du film.
Ses défauts essentiels étaient son manque de précision et son éclectisme. Les scénaristes et le réalisateur n'avaient pas compris l'idée progressiste d'Alexeï Tolstoï qui avait opposé la Terre (l'Union Soviétique), à la culture triste et décadente de Mars, à l'époque où la plus grande partie des utopistes bourgeois idéalisaient les contrées fantastiques et parlaient avec pessimisme de la Terre. Les auteurs du scénario suivirent, non pas Tolstoï, mais les utopistes fuyant la réalité, séduits par la possibilité de faire un film brillant avec l'exotisme de Mars, en comparaison du prosaïsme de la Russie révolutionnaire. Heureusement que la réalité fut tout autre. Les facteurs indiscutablement positifs étaient la grande expérience du metteur en scène, le soin avec lequel avaient été réalisés les décors, les costumes, le maquillage, la qualité de la photographie et l’interprétation des acteurs, quoique hétérogène.
Pour Protazanov. Aelita fut comme un laboratoire où il élabora la voie dans laquelle il se dirige dans ses films ultéricurs. Les scènes décadentes et modernistes de Mars disparurent de ses autres films. Le mélodrame issu des films prérévolutionnaires (les scènes de Los avec sa femme) fut surmonté. La ligne comique et excentrique fut poursuivie dans les films Le Tailleur de Toriok et autres auxquels participa Ilinski. La ligne satirique de l'homme de la NEP s'élargit dans les comédies satiriques (principalement lorsqu'elles étaient basées sur un matériel occidental). Et enfin. le drame de moeurs psychologique trouva son origine dans le réalisme des scènes de Goussev.

Sélections dans les festivals :
- Musicales franco-russes, Toulouse (France), 2019
- Festival du film russe à Paris, Paris (France), 2018
- Festival de Cinéma Européen Indépendant VOICES, Vologda (Russie), 2018
- Russian Resurrection Film Festival, Différentes villes (Australie), 2017
- Journées du cinéma muet de Pordenone, Pordenone (Italie), 2017
- Fondation Jérôme Seydoux. L'âge d'or du cinéma muet russe (1908-1934), Paris (France), 2015
- Festival international du film de La Rochelle, La Rochelle (France), 2014
- Festival "Douchenka", Ormes (France), 2013
- Festival international du film d'Arras. L'autre cinéma, Arras (France), 2012
- Zoom arrière. Cinémathèque de Toulouse, Toulouse (France), 2012
- Sortie VOD ou DVD en France du film :, Différentes villes (France), 2011
- Festival de films russes : Spoutnik au dessus de la Pologne, Varsovie (Pologne), 2011
- Lenine, Staline et la musique à la Cité de la musique, Paris (France), 2010
- Festival "Etonnants voyageurs" à Saint Malo, Saint Malo (France), 2010
- Festival international de cinéma : Méridiens du Pacifique, Vladivostok (Russie), 2009
- Festival ''Est-Ouest'', Die (France), 2008
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2007
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2007
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2004
- Sortie en France en salle du film :, Différentes villes (France), 1925-10-17

Images et vidéos
 


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Film avec intertitres en anglais