Bakou des premières années de l'industrialisation soviétique. Le vieux contremaître de forage Petros raconte à son fils adoptif, un jeune ouvrier Abbass, la vie des ouvriers du pétrole pendant les années de la réaction de Stolypine.
"Après avoir établi sa réputation avec une série de drames historiques très réussis, Hamo Bek-Nazarian entreprend son premier long métrage et choisit un sujet révolutionnaire. Tourné sur place dans les champs pétrolifères de Bakou, La Maison sur le volcan aborde le rôle capital de cette ville dans l'enracinement du mouvement bolchevique en Transcaucasie, au cours des années 1900. Le récit met en scène plusieurs personnages, ouvriers arméniens et azerbaïdjanais des champs de pétrole, et raconte leurs luttes contre la tyrannie des magnats capitalistes. Porté par les idéaux socialistes, le prolétariat surmonte les conflits interethniques pour faire face à un ennemi commun qui a mis leurs vies en danger en les forçant à s'installer dans des logements dangereux construits sur des gisements de gaz. Bek-Nazarian injecte çà et là des éléments du mélodrame, du thriller et du film catastrophe, et ce faisant réalise un film captivant, qui délivre ses messages idéologiques grâce à de belles trouvailles cinématographiques. En entremêlant un symbolisme tout droit venu de l'expressionnisme avec la force cinétique du montage eisensteinien, le cinéaste parvient non seulement à donner du corps à l'intrigue byzantine, mais il a réussit également à combiner les multiples trajectoires expérimentales du début du cinéma soviétique en un spectacle esthétiquement et émotionnellement entraînant."
Vigen Galstyan, Cinémathèque française