Une jeune femme et un jeune homme se rencontrent à Istanbul. Ils n’ont pas les moyens de vivre dans une ville étrangère et sont tous deux sourds. Ils se lient d’amitié, passent du temps ensemble et font ce que font toujours les jeunes : faire la fête sans se soucier de rien et rechercher l’intimité. Ils ont l’impression d’être amoureux. Mais tout n’est pas tout à fait ce qu’il paraît. Elle est ukrainienne, il est russe et il y a une guerre quelque part chez eux.
L’idée même du scénario comme point de départ du message du film est excellente, elle remet en cause le cliché vu dans de nombreux films selon lequel l’amour triomphe de tout. Mais peut-être que c’est le cas si on ne peut pas entendre ou parler de la guerre ? L’auteur va même plus loin et en arrive à la grande généralisation à travers les personnages principaux selon laquelle on ne peut pas se taire sur la guerre. Il faudra des générations d’humanité avant que la mémoire sociale ne s’efface et n’interfère plus avec l’amour. Outre les autres valeurs de ce film, la bande sonore mérite d’être mise en valeur séparément. Réfléchie dans les détails et soutient activement l’intrigue.
Mihkel Möölman