Nouveau regard sur la diaspora arménienne, à
travers le parcours de Levon, qui travaille dans une
casse automobile à Los Angeles. Par ses bonds
dans l’espace et le temps, le film exacerbe la
désillusion de son personnage venu de l’Arménie
soviétique, qui vit, plutôt qu’un rêve américain,
le cauchemar du capitalisme sauvage.
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Deadlock (Impasse) est le deuxième volet d'une série de cinq films documentaires consacrés à la diaspora arménienne du cinéaste Harutyun Khachatryan. Le personnage principal du film est un ami de longue date du réalisateur. Après avoir obtenu une carte verte pour les États-Unis, il quitte son pays natal pour chercher un avenir meilleur au pays des libres et des courageux. Malheureusement, les États-Unis ne sont pas ce qu’ils prétendent être à travers la publicité et la culture pop. Un monde dominé par la règle du profit écrase constamment les espoirs et les vies. Travaillant dans un dépôt de voitures et parvenant à peine à joindre les deux bouts pour survivre au quotidien, il se prend de nostalgie pour son pays natal. Même s'il aspire à retourner en Arménie et travaille sans relâche, il n'en a pas les moyens. Deadlock est une réflexion douloureuse sur l'exil et la désillusion, ainsi qu'une enquête politique sur ce que signifie vivre dans un pays capitaliste. L'approche de Khachatryan est profondément humaniste et son observation sensible permet au film de résonner et de résonner dans toute sa complexité poétique et politique.
Giona A. Nazzaro