Comme tous les ans des amis, hommes, sont allés aux bains la veille du nouvel an. Ils ont bu beaucoup, peut-être plus que d’habitude, puisque l’un d’eux, le très sérieux chirurgien Jenia, âgé d’une trentaine d’années, enterre sa vie de garçon. Ils ont tellement bu qu’ils reconduisent à l’aéroport non pas celui qui habite à Léningrad, mais le moscovite Jénia, tout endormi. A son arrivée à Léningrad, encore à moitié endormi, il monte dans un taxi qui le conduit à l’adresse indiquée. Il entre dans un immeuble puis dans un appartement en tout point pareils aux siens (c’est l’uniformité soviétique...) et croyant être chez lui se jette sur le lit. Quelques minutes plus tard entre la vraie propriétaire des lieux, qui attendait son fiancé peu sensible à l’humour de la situation. Et si cette rocambolesque rencontre éclairait les antagonistes sur leurs véritables sentiments et leur faisait découvrir le véritable amour ?
Ce film est très populaire en Russie et se joue tous les ans depuis plus de trente ans à la télévision, la veille du nouvel an. En décembre 2003, une plaque commémorative a été déposée sur la maison de Moscou (125 avenue Vernadski) dans laquelle est entré, par erreur, le héros du film – maison qui dans le film se trouve à Léningrad).
Cameo de Riazanov : le passager endormi de l'avion. Dans le remake réalisé en 2007 par Timour Bekmambetov, Riazanov joue à nouveau un passager endormi dans l'avion.
Мне нравится /Cela me plaît / I like it
Музыка-Микаэл Таривердиев, слова-Марина Цветаева, поёт-Алла Пугачева
Musique-Mikael Tariverdiev, paroles-Marina Tsvetaeva, chantée par Alla Pougatcheva
Music-Mikael Tariverdiev, lyrics-Marina Tsvetaeva, sung by Alla Pugacheva
Мне нравится
Мне нравится, что вы больны не мной,
Мне нравится, что я больна не вами,
Что никогда тяжелый шар земной,
Не уплывет под нашими ногами.
Мне нравится, что можно быть смешной,
Распущенной и не играть словами,
И не краснеть удушливой волной,
Слегка соприкоснувшись рукавами.
Спасибо вам и сердцем и рукой
За то, что вы меня не зная сами,
Так любите, за мой ночной покой,
За редкость встреч закатными часами,
За наши не гулянья под луной,
За солнце не у нас над головами.
За то, что вы больны, увы, не мной,
За то, что я, увы, больна не вами.
Cela me plaît
J’aime que vous ne soyez pas malade de moi,
J’aime que je ne sois pas malade de vous,
Que jamais la lourde sphère terrestre
Ne s’enfuira de dessous nos pieds.
J’aime qu’il soit possible d’être drôle,
D’être sans retenue et sans jouer avec les mots,
Et de ne pas rougir d’une vague étouffante
En frôlant à peine nos manches.
Merci à vous, de tout cœur et de la main,
Pour le fait que vous m’aimiez, sans me connaître,
Ainsi, pour mon repos nocturne,
Pour la rareté des rencontres au crépuscule,
Pour nos non-promeneurs sous la lune,
Pour le soleil qui n’est pas au-dessus de nos têtes.
Pour le fait que vous n’êtes, hélas, pas malade de moi,
Et que je ne suis, hélas, pas malade de vous.
I like it
I like that you are not in love with me,
I like that I am not in love with you,
That the heavy globe of earth will never
Slip away from beneath our feet.
I like that it is possible to be foolish,
To be unrestrained and not to play with words,
And not to blush with a suffocating wave
When our sleeves barely brush.
Thank you, with heart and hand,
For loving me so, without knowing me,
For my quiet nights,
For the rarity of our twilight meetings,
For our not-walking together under the moon,
For the sun that does not shine above us both.
For the fact that you are, alas, not in love with me,
And that I am, alas, not in love with you.
Никого не будет в доме / Il n’y aura personne dans la maison / No One Will Be in the House
Никого не будет в доме / Il n’y aura personne dans la maison / No One Will Be in the House
Mузыка-Микаэл Таривердиев, слова-Борис Пастернак, поёт-Сергей Никитин
Musique : Mikael Tariverdiev, paroles : Boris Pasternak, chante Sergueï Nikitine
Music: Mikael Tariverdiev, lyrics: Boris Pasternak, sings Sergueï Nikitine
Никого не будет в доме
Никого не будет в доме,
Кроме сумерек. Один
Зимний день в сквозном проёме
Незадёрнутых гардин,
Незадёрнутых гардин.
Только белых мокрых комьев
Быстрый промельк маховой.
Только крыши, снег, и кроме
Крыш и снега никого,
Крыш и снега никого.
И опять зачертит иней,
И опять завертит мной
Прошлогоднее унынье
И дела зимы иной,
И дела зимы иной.
Но нежданно по портьере
Пробежит вторженья дрожь.
Тишину шагами меря,
Тишину шагами меря,
Тишину шагами меря,
Ты, как будущность, войдёшь.
Ты появишься у двери
В чём-то белом, без причуд.
В чём-то впрямь из тех материй,
Из которых хлопья шьют,
Из которых хлопья шьют.
Никого не будет в доме,
Кроме сумерек. Один
Зимний день в сквозном проёме
Незадёрнутых гардин,
Незадёрнутых гардин.
Il n’y aura personne dans la maison
Il n’y aura personne dans la maison,
Hormis le crépuscule. Seul
Un jour d’hiver dans l’ouverture béante
Des rideaux non tirés,
Des rideaux non tirés.
Seulement le rapide éclair
Des flocons blancs et mouillés.
Seulement les toits, la neige, et à part
Les toits et la neige — personne,
Les toits et la neige — personne.
Et de nouveau le givre tracera ses motifs,
Et de nouveau me fera tourner
La mélancolie de l’an passé
Et les affaires d’un autre hiver,
Et les affaires d’un autre hiver.
Mais soudain, le long du rideau,
Courra un frisson d’irruption.
Mesurant le silence de tes pas,
Mesurant le silence de tes pas,
Mesurant le silence de tes pas,
Tu entreras, telle l’avenir.
Tu apparaîtras à la porte
Vêtue de quelque chose de blanc, sans artifice,
De quelque étoffe semblable
À celles dont on coud les flocons,
Dont on coud les flocons.
Il n’y aura personne dans la maison,
Hormis le crépuscule. Seul
Un jour d’hiver dans l’ouverture béante
Des rideaux non tirés,
Des rideaux non tirés.
No One Will Be in the House
No one will be in the house,
Except the twilight. Alone,
A winter day in the open frame
Of undrawn curtains,
Of undrawn curtains.
Only the swift flicker
Of white, wet clumps of snow.
Only rooftops, snow — and beyond
The rooftops and the snow, no one,
Rooftops and snow, no one.
And again the frost will trace its patterns,
And again will set me spinning
With last year’s melancholy
And the business of another winter,
The business of another winter.
But suddenly along the curtain
A tremor of intrusion will run.
Measuring the silence with your steps,
Measuring the silence with your steps,
Measuring the silence with your steps,
You will enter, like the future.
You will appear at the door
In something white, without adornment,
In something truly of those fabrics
From which snowflakes are sewn,
From which snowflakes are sewn.
No one will be in the house,
Except the twilight. Alone,
A winter day in the open frame
Of undrawn curtains,
Of undrawn curtains.
По улице моей / Dans ma rue / Along My Street
По улице моей / Dans ma rue / Along My Street
Mузыка-Микаэл Таривердиев, слова-Белла Ахмадулина, поёт-Алла Пугачёва
Musique : Mikael Tariverdiev, paroles-Bella Akhmadoulina, chanté par Alla Pougatcheva
Music: Mikael Tariverdiev, lyrics-Bella Akhmadulina, sung by Alla Pougacheva
По улице моей
По улице моей который год
Звучат шаги, мои друзья уходят.
Друзей моих медлительный уход
Той темноте за окнами угоден.
О, одиночество, как твой характер крут,
Посверкивая циркулем железным,
Как холодно ты замыкаешь круг,
Не внемля увереньям бесполезным.
Дай стать на цыпочки в твоем лесу,
На том конце замедленного жеста,
Найти листву, и поднести к лицу,
И ощутить сиротство, как блаженство.
Даруй мне тишь твоих библиотек,
Твоих концертов строгие мотивы,
И мудрая, я позабуду тех,
Кто умерли или доселе живы.
И я познаю мудрость и печаль,
Свой тайный смысл доверят мне предметы,
Природа, прислонясь к моим плечам,
Объявит свои детские секреты.
И вот тогда из слез, из темноты,
Из бедного невежества былого,
Друзей моих прекрасные черты
Появятся и растворятся снова.
Dans ma rue
Depuis tant d’années, dans ma rue
Résonnent des pas — mes amis s’en vont.
Le départ lent de mes amis
Convient à l’obscurité derrière les fenêtres.
Ô solitude, comme ton caractère est dur !
Faisant étinceler ton compas de fer,
Comme froidement tu refermes le cercle,
Sans prêter l’oreille aux assurances inutiles.
Permets-moi de me hausser sur la pointe des pieds dans ta forêt,
Au bout de ce geste ralenti,
De trouver une feuille et de la porter à mon visage,
Et de sentir l’abandon comme une béatitude.
Accorde-moi le silence de tes bibliothèques,
Les motifs sévères de tes concerts,
Et, devenue sage, j’oublierai
Ceux qui sont morts ou qui vivent encore.
Et je connaîtrai la sagesse et la tristesse,
Les objets me confieront leur sens secret,
La nature, appuyée contre mes épaules,
Me révélera ses secrets d’enfant.
Et alors, des larmes, de l’obscurité,
De l’ancienne et pauvre ignorance,
Les beaux traits de mes amis
Apparaîtront et se dissoudront à nouveau.
Along My Street
For years now along my street
Footsteps resound — my friends depart.
The slow departure of my friends
Pleases the darkness beyond the windows.
O solitude, how stern your character is!
Flashing your iron compass,
How coldly you close the circle,
Heeding no useless assurances.
Let me stand on tiptoe in your forest,
At the far end of a slowed gesture,
To find a leaf and lift it to my face,
And feel orphanhood as bliss.
Grant me the hush of your libraries,
The austere motifs of your concerts,
And, grown wise, I shall forget
Those who have died or who still live.
And I shall come to know wisdom and sorrow,
Objects will entrust me with their secret meaning,
Nature, leaning against my shoulders,
Will declare her childlike secrets.
And then, out of tears, out of darkness,
Out of former poor ignorance,
The beautiful features of my friends
Will appear — and fade away again.
У зеркала / Devant le miroir / By the Mirror
У зеркала / Devant le miroir / By the Mirror
Музыка-Микаэл Таривердиев, слова-Марина Цветаева, поёт-Алла Пугачева
Musique : Mikael Tariverdiev, paroles : Marina Tsvetaeva, chante : Alla Pougatcheva
Music: Mikael Tariverdiev, lyrics: Marina Tsvetaeva, sings : Alla Pugatcheva
У зеркала
Хочу у зеркала, где муть
И сон туманящий,
Я выпытать, куда вам путь
И где пристанище.
Я вижу мачта корабля
И Вы на палубе,
Вы в дыме поезда... Поля,
Поля в вечерней жалобе.
Вечерние поля в росе,
Над ними вороны.
Благословляю вас,
Благословляю вас,
Благословляю вас
На все четыре стороны.
Благословляю вас,
Благословляю вас,
Благословляю вас
На все четыре стороны.
Devant le miroir
Je veux, devant le miroir, où la trouble opacité
Et le songe embrumant,
Vous arracher l’aveu de votre chemin
Et du lieu de votre refuge.
Je vois le mât d’un navire
Et vous sur le pont,
Vous dans la fumée d’un train… Les champs,
Les champs dans la plainte du soir.
Les champs du soir couverts de rosée,
Et au-dessus d’eux, des corbeaux.
Je vous bénis,
Je vous bénis,
Je vous bénis
Aux quatre vents.
Je vous bénis,
Je vous bénis,
Je vous bénis
Aux quatre vents.
By the Mirror
I wish, before the mirror, where dimness
And mist-veiling sleep abide,
To draw from you the truth of your road
And where your refuge lies.
I see a ship’s mast
And you upon the deck,
You in the smoke of a train… The fields,
The fields in evening’s lament.
Evening fields wet with dew,
And above them, crows.
I bless you,
I bless you,
I bless you
To all four winds.
I bless you,
I bless you,
I bless you
To all four winds.
Со мною вот что происходит / Voilà ce qui m’arrive / This Is What Is Happening to Me
Со мною вот что происходит / Voilà ce qui m’arrive / This Is What Is Happening to Me
Музыка-Микаэл Таривердиев, слова-Евгений Евтушенко, поёт-Сергей Никитин
Musique : Mikael Tariverdiev ; paroles : Evgueni Evtouchenko ; interprète : Sergueï Nikitine
Music: Mikael Tariverdiev; lyrics: Yevgeny Yevtushenko; performed by Sergey Nikitin
Со мною вот что происходит
Со мною вот что происходит -
Ко мне мой старый друг не ходит,
А ходят в праздной суете
Разнообразные не те.
И он не с теми ходит где-то
И тоже понимает это,
И наш раздор необъясним,
Мы оба мучаемся с ним.
Со мною вот что происходит -
Совсем не та ко мне приходит,
Мне руки на плечи кладёт
И у другой меня крадёт.
А той скажите, бога ради,
Кому на плечи руки класть?
Та, у которой я украден,
В отместку тоже станет красть.
Не сразу этим же ответит,
А будет жить с собой в борьбе,
И неосознанно наметит
Кого-то дальнего себе.
О, сколько нервных и недужных связей,
Дружб ненужных,
Во мне уже осатанённость.
О, кто-нибудь, приди, нарушь
Чужих людей соединённость
И разобщённость близких душ.
Со мною вот что происходит -
Ко мне мой старый друг не ходит,
А ходят в праздной суете
Разнообразные не те.
Voilà ce qui m’arrive
Voilà ce qui m’arrive —
Mon vieil ami ne vient plus chez moi,
Et viennent, dans une agitation oisive,
Toutes sortes de gens qui ne sont pas les bons.
Et lui aussi va quelque part avec d’autres,
Et lui aussi le comprend,
Et notre discorde est inexplicable,
Nous en souffrons tous deux.
Voilà ce qui m’arrive —
Ce n’est absolument pas celle qu’il faudrait qui vient à moi,
Elle pose ses mains sur mes épaules
Et me dérobe à une autre.
Et dites à celle-là, pour l’amour de Dieu,
Sur les épaules de qui poser ses mains ?
Celle à qui l’on m’a volé
Se mettra, par vengeance, à voler elle aussi.
Elle ne répondra pas aussitôt de la même manière,
Mais vivra en lutte avec elle-même,
Et, inconsciemment, se choisira
Quelqu’un de lointain.
Oh, combien de liens nerveux et maladifs,
D’amitiés inutiles —
En moi déjà une fureur démoniaque.
Oh, que quelqu’un vienne, rompe
L’union des êtres étrangers
Et la séparation des âmes proches.
Voilà ce qui m’arrive —
Mon vieil ami ne vient plus chez moi,
Et viennent, dans une agitation oisive,
Toutes sortes de gens qui ne sont pas les bons.
This Is What Is Happening to Me
This is what is happening to me —
My old friend no longer comes to see me,
And in idle bustle
Various wrong people come instead.
And he, too, goes about somewhere with others,
And he understands this as well,
And our discord is inexplicable,
We both suffer from it.
This is what is happening to me —
It is quite not the right one who comes to me,
She lays her hands upon my shoulders
And steals me away from another.
And tell that other one, for God’s sake,
On whose shoulders is she to lay her hands?
The one from whom I have been stolen
Will, in revenge, begin to steal as well.
She will not answer in the same way at once,
But will live in struggle with herself,
And unconsciously will mark out
Someone distant for herself.
Oh, how many nervous, unhealthy ties,
Useless friendships —
Within me already a kind of frenzy.
Oh, let someone come and break
The union of alien people
And the separation of kindred souls.
This is what is happening to me —
My old friend no longer comes to see me,
And in idle bustle
Various wrong people come instead.