La vie des paysans dans la Russie d'avant la Révolution. Le Soldat Yakov, ayant accompli son temps revient dans son village. Il rêve de s'établir et faire le bonheur de sa famille. Mais pour que leur petite ferme survive sa femme Marie accepte d'être la nourrice de l'enfant d'un notable. Mais une fois en ville, Marie n'est pas seulement la nourrice de l'enfant du notable. En butte à ses assiduités, elle s’enfuit. Mais elle est prise dans une rafle. On lui remet alors un papier la classant prostituée. Ne sachant lire, elle présente ce document à de futurs patrons et ne trouve aucun travail. Rejetée de partout, elle tombe dans la déchéance.
Commentaires
Le film sort en France en 1928 sous le titre Une femme qui tombe. La presse de l’époque regrette le ton tendancieux, accommodant un sujet pas neuf, pour dénoncer les préjugés et les mœurs « bourgeois ». A son avis, le film veut être un réquisitoire contre la société russe d’avant-guerre mais il ne prouve rien. On recommande cependant des coupures pour enlever le caractère propagandiste d’une réalisation remarquable malgré tout car il y a de fort bonnes choses. Parmi les éléments favorables, on relève : la belle technique, la beauté photographique, les images de la vie paysanne, les tableaux de misère et de vice, des scènes émouvantes, la maîtrise de la réalisation et le jeu d’Anna Sten, tout en naturel et simplicité.
Anna Sten, l’inoubliable Jeune fille au carton à chapeau (1927) de Boris Barnet. Au studio atypique Mejrabpom de Moscou, Ozep et Barnet font ensemble le serial Miss Mend (1926). Depuis, la gloire de Barnet a éclipsé Ozep. C’est dommage. Ozep est un scénariste de talent - La Dame de pique en 1916 et Aélita en 1924 pour Yakov Protazanov, La vendeuse de cigarettes du Mosselprom en 1924 pour Youri Jeliaboujski. C’est aussi un grand réalisateur : Les frères Karamazoff (1931), Amok (1934)… Bref, un auteur. Osons Ozep.