L’histoire se déroule en 1940. L’élève de 9ᵉ classe Iskra Poliakova, imprégnée d’idéologie soviétique, commence peu à peu à percevoir l’écart entre les dogmes du parti et la réalité des sentiments humains. Un élément décisif de son évolution est sa découverte de la poésie de Sergueï Essenine grâce à son amie Vika Liouberetskaïa. Cette poésie, que la propagande lui présentait comme « décadente », ouvre à Iskra une nouvelle vision du monde et de la sensibilité. L’arrestation du père de Vika bouleverse la classe : Vika refuse de renier publiquement son père, et Iskra, à son tour, rejette l’idée de l’exclure du Komsomol. Accablée, Vika se suicide, et les élèves organisent eux-mêmes ses funérailles. Lors de la cérémonie, Iskra lit la lettre d’adieu de son amie et des vers d’Essenine, défiant ainsi l’interdiction maternelle et affirmant sa propre conscience morale. Plus tard, le père de Vika est réhabilité, mais la menace de la guerre plane déjà. L’épilogue révèle les destins tragiques : plusieurs camarades mourront au combat, et Iskra, engagée dans la résistance, sera exécutée avec sa mère.
Стихотворение Сергея Есенина: Собаке Качалова
Poème de Sergueï Essenine : Au chien de Katchalov
Poem by Sergei Yesenin: To Kachalov’s Dog
Video - 9:51
Собаке Качалова
Дай, Джим, на счастье лапу мне,
Такую лапу не видал я сроду.
Давай с тобой полаем при луне
На тихую, бесшумную погоду.
Дай, Джим, на счастье лапу мне.
Пожалуйста, голубчик, не лижись.
Пойми со мной хоть самое простое.
Ведь ты не знаешь, что такое жизнь,
Не знаешь ты, что жить на свете стоит.
Хозяин твой и мил и знаменит,
И у него гостей бывает в доме много,
И каждый, улыбаясь, норовит
Тебя по шерсти бархатной потрогать.
Ты по-собачьи дьявольски красив,
С такою милою доверчивой приятцей.
И, никого ни капли не спросив,
Как пьяный друг, ты лезешь целоваться.
Мой милый Джим, среди твоих гостей
Так много всяких и невсяких было.
Но та, что всех безмолвней и грустней,
Сюда случайно вдруг не заходила?
Она придет, даю тебе поруку.
И без меня, в ее уставясь взгляд,
Ты за меня лизни ей нежно руку
За все, в чем был и не был виноват.
Au chien de Katchalov
Donne-moi, Jim, pour le bonheur, ta patte,
Une patte comme celle-là, je n’en ai jamais vu.
Allons, aboyons ensemble à la lune
Dans ce temps calme et silencieux.
Donne-moi, Jim, pour le bonheur, ta patte.
Je t’en prie, mon cher, ne me lèche pas.
Essaie de comprendre au moins la chose la plus simple avec moi.
Car tu ne sais pas ce qu’est la vie,
Tu ne sais pas ce que vaut la peine de vivre.
Ton maître est aimable et célèbre,
Et il y a toujours beaucoup d’invités chez lui,
Et chacun, en souriant, s’efforce
De caresser ton pelage de velours.
Tu es, à la manière des chiens, diaboliquement beau,
Avec cette douce et confiante gentillesse.
Et sans demander la permission à personne,
Comme un ami ivre, tu viens embrasser.
Mon cher Jim, parmi tous tes invités,
Il y en a eu tant, de toutes sortes.
Mais celle qui était la plus silencieuse et la plus triste,
N’est-elle pas venue ici par hasard ?
Elle viendra, je t’en donne ma parole.
Et sans moi, en plongeant ton regard dans le sien,
Lèche-lui doucement la main pour moi,
Pour tout ce dont j’ai été ou non coupable.
To Kachalov’s Dog
Give me your paw, Jim, for good luck,
I’ve never seen such a paw before.
Come on, let’s bark together at the moon
In this quiet, soundless weather.
Give me your paw, Jim, for good luck.
Please, dear fellow, don’t lick me.
Try to understand at least the simplest thing with me.
For you do not know what life is,
You do not know that life is worth living.
Your master is kind and famous,
And there are always many guests in his house,
And each one, smiling, tries
To stroke your velvety fur.
You are, in a dog’s way, devilishly handsome,
With such sweet and trusting charm.
And without asking anyone at all,
Like a drunken friend, you rush in to kiss.
My dear Jim, among your guests
There have been so many, of every kind.
But the one who was the quietest and the saddest—
Has she not come here by chance?
She will come, I give you my word.
And without me, gazing into her eyes,
Lick her hand gently for me,
For all I was and was not guilty of.